Débat et colloque

"Collecter, Déposer, Donner : les Archives des Réalités Nouvelles."
Débat ouvert
Le samedi 10 avril 2010 de 15 à 17h

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L'ABSTRACTION FACE A L'ESTHETIQUE "HOLLYWOODIENNE"
QUELS CHEMINS POUR L'ART ABSTRAIT DEMAIN ?
le Samedi 18 Avril 2009 de 15 à 17 heures
Salon des Réalités Nouvelles - Parc Floral de Paris


Le Salon des Réalités Nouvelles 2009 organise un colloque le samedi 18 Avril de 14h30 à 18 h, autour de la confrontation entre l'Abstraction et l'esthétique de l'image-cinéma "Hollywoodienne" intitulée : "L'Abstraction face a l'esthétique Hollywoodienne, quels chemins pour l'Art Abstrait demain ?"

Nous sommes confrontés à un type d'art ludique qui suit les règles de l'image/cinéma, marketée et établie suivant une moyenne mentale du public et qui sacrifie le progrès intellectuel au profit du renouvellement technique, et dont on a pu avoir récemment deux exemples parmi d'autres : l'exposition Jeff Koons à Versailles et la vente Damien Hirst à Londres avec ses tableaux abstraits "Spin Art", vendus juste avant la crise financière...

Le but de ce colloque est de dynamiser le débat interne en amenant les artistes et le public par les réflexions proposées des différents intervenants à s'interroger, à rechercher de nouvelles voies, à mettre en avant de nouvelles propositions toujours plus personnelles.

Ainsi l'année dernière avons-nous organisé un débat pour mieux cerner les singularités de ce Salon en ce début de XXIème siècle.

Avec cette année comme invités :

Antoine de Baecque : Historien de la Culture, Professeur à l'Université de Versailles.
"De Staël à Godard, l'impact de l'Abstraction dans le Cinéma des années 60... (Tati, Lewis...)"

Bernard Fauchille : Directeur et Conservateur du Musée du Château de Montbéliard.
"L'Abstraction française et les Réalités Nouvelles, la donation Jeanne Coppel, Abc... la belle époque de la fête foraine : organisation d'expositions et politique d'acquisitions..."

Michèle Pichon : Philosophe, agrégée et docteur en Philosophie.
"Avec Bachelard : rêver et peindre les éléments"

Céline Berchiche : Chercheur à l'ERCO, Centre André Chastel Paris IV Sorbonne.
"L'influence d'Herbin après 1945"

Daniel Danétis : Plasticien, professeur des universités, directeur du département Arts Plastiques de l'Université Paris 8. Vincennes-St Denis.
"La nécessité du langage non-verbal face à la toute puissance de la machine"

Erik Levesque (modérateur) : Peintre membre du Comité du Salon des Réalités Nouvelles.
"L'Abstraction, une alternative à l'esthétique hégémonique de l'Image/Cinéma ?"

À l'issue des communications des différents invités, les artistes et le public des Réalités Nouvelles seront invité à débattre.

Le Salon des Réalités Nouvelles est le lieu d'exposition de l'Art Abstrait par excellence, centré sur la peinture et la sculpture. Quatre cents artistes d'horizons variés et internationaux viennent ici présenter leur travail, se confronter, échanger des idées, débattre de propositions avec esprit de sérieux et exigence. Fondé en 1947, ce laboratoire où s'inventent de nouvelles formes abstraites renaît chaque année au printemps pendant 10 jours.

Il est aujourd'hui pérennisé par un site http://www.realitesnouvelles.org qui présente les œuvres tout au long de l'année et conforte ainsi les Réalités Nouvelles en réseau et en une communauté dont l'activité se déroule de manière volontairement mesurée, mais où amateurs et professionnels de passage sont toujours les bienvenus. Le nom du salon fait référence à ce que les œuvres ne se référent à aucune réalité existante et reflètent, suivant le fameux mot de Guillaume Apollinaire, une réalité nouvelle.

Téléchargez les archives au format PDF :

Archive 2008.pdf
Lettre de John Hoyland aux Artistes des RN
Letter from John Hoyland to the artists of RN

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L'Abstraction aujourd'hui, singularités des Réalités Nouvelles
19 avril 2008

Le samedi 19 avril 2008 s'est tenu au Salon des Réalités Nouvelles de 17 à 19 heures au Parc Floral de Paris un débat ayant pour thème : L'Abstraction Aujourd'hui, Singularités des Réalités Nouvelles. Etaient réunis autour de la table Bernard Fauchille, Conservateur du Musée de Montbéliard, Claude Mollard Photographe, Président de la Société des Artistes Décorateurs (SAD) et Conseiller-maître à la Cour des Comptes. Olivier Di Pizio, artiste et Président du Comité des Réalités Nouvelles, Henri Prosi peintre et Vice-président du Comité des Réalités Nouvelles, Pierre Souchaud directeur de la revue Artension. Arnaud Dubois étudiant à l'ENSBA de Paris en 5e année, Thomas Lardeur sculpteur et membre du Comité des Réalités Nouvelles et Erik Levesque peintre et membre du Comité des Réalités Nouvelles.

Dans une introduction mettant en perspective l'histoire et l'évolution du Salon de l'Abstraction, Erik Levesque rappelle que les Réalités Nouvelles sont fondées sur la dualité de l'Art Concret et de l'Art Abstrait. Le Salon compris comme "société exposante" se trouve confronté aux évolutions techniques et aux découvertes scientifiques de ces 70 dernières années qui changent le sens et la perception que l'on se fait de la réalité telle qu'elle était exprimée dans le manifeste de 1948. Bernard Fauchille réagissant à la question de l'articulation entre savoir de l'artiste et savoir de l'ingénieur réaffirmait l'importance du geste artistique face au savoir mathématique qui ne concerne pas l'artiste ou qui le concerne de manière indirecte. Le geste est compris alors dans son accomplissement, son exécution, son faire. Le peintre Henri Prosi insistait lui sur son bonheur de voir le Salon comme lieu de rencontres où chaque artiste apporte son œuvre pour voir comment elle est reçue mais aussi où se font des œuvres à plusieurs mains. Il attestait de l'importance de la rencontre, du partage, et ainsi de faire de la géométrie un art du dialogue. Pierre Souchaud affirmait que la fonction du Salon comme lieu d'exposition échappe à la marchandisation de la culture ou à sa politisation culturelle. Il est alors un lieu de résistance à la globalisation et devient ainsi lieu de reconnaissance. Mais il en vient à remettre en cause le terme même de « Réalité » qui lui semble problématique. Claude Mollard reconnaissait la fonction essentielle dans la société du Salon, lieu de débat, de prise de paroles, de contre-pouvoir, qui se situe hors-commerce comme une force de proposition. Mais il insiste sur le fait qu'il est impossible d'échapper à son temps et aux implications techniques. Et s'il propose un renouvellement du Salon c'est dans la confrontation avec des thèmes politiques, sociaux ou écologiques dont témoigne l'œuvre d'un des jeunes artistes des Beaux-Arts invités en 2008 Julien Des Montiers dont la peinture traitait du thème du réchauffement climatique.

Pour sa part Arnaud Dubois exprimait outre son plaisir d'avoir été sélectionné la découverte du Salon et son bonheur d'y exposer. Il lui semblait important que le salon réaffirme ses fondamentaux pour mieux se confronter à la réalité actuelle et changeante du monde sans perdre son identité. Mais il substituait à l'équivalence abstrait/non-figuration, ou à l'opposition lyrique/géométrique la contradiction des universaux nominalisme contre réalisme.

Olivier Di Pizio, s'il réfute toute idée de l'artiste "témoin de son temps", expliquait le choix et la sélection des étudiants des Beaux-Arts et de leurs travaux en dégageant le dépassement des catégories classiques abstraction/figuration dont témoigne l'évolution du Salon pour envisager l'abstraction comme "vraie image" ou du moins comme relevant du rôle de l'îcone et de l'empreinte.

Il expliquait que le Salon fonctionnait sans curateur ni commissaire d'exposition, mais dans une cooptation des artistes, puis des œuvres qui se trouvaient présentées et accrochées par affinités, mise en valeur mutuelle, mais aussi par opposition ou antagonisme. Il reconnaissait les contradictions internes dans le Salon qui en font un laboratoire permanent toujours en tension. Il rappellait aussi que les artistes reconnus prétaient volontiers des pièces ainsi en 2007 : Soulages, Kirkeby, Traquandi, Albert Irvin, John Hoyland ou encore l'année précédente Aurelie Nemours, Jean-Pierre Rives… Mais Olivier Di Pizio soulignait aussi la dégradation de la situation économique du Salon face à une baisse constante des subventions qui met l'écosystème que représente le Salon en péril. Il fallait donc, ici et maintenant, réaffirmer les fondamentaux du Salon pour en délimiter le périmètre du socle commun qui permet le dialogue et la confrontation avec les esthétiques extérieures laissant naître la 3e génération du Salon et mettant le Salon en mouvement. Le sculpteur Thomas Lardeur témoignait du rôle social du Salon et par là celui des artistes y participant. Il affirmait la dignité, le sérieux et l'exigence de chacun en matière artistique dans un monde de l'Art trivial.

En fin de débat était lue la lettre de John Hoyland aux Réalités Nouvelles où celui-ci déclare l'importance de "l'Art pour l'Art" comme unique alternative à l'assujettissement de l'Art en tant qu'Art appliqué socialement tant par la publicité que pour le tourisme culturel.

Olivier Di Pizio, après avoir remercié les différents sponsors du Salon, informait le public de l'organisation d'un colloque l'année prochaine dont le titre provisoire était "L'Abstraction face à l'esthétique plastique « Hollywoodienne »", portant donc sur l'opposition mais aussi les implications pour l'Abstraction de sa confrontation à des œuvres dont les auteurs préjugent l'âge médian de leur public et privilégient le progrès technique au progrès intellectuel.

L'ensemble des intervenants et le public soulignaient la qualité des œuvres exposées, de l'accrochage et du débat.

En résumé, le débat permettait de dégager les constantes du Salon : abstraction, geste, concret, dignité, exigence, peinture, sculpture ; ses variables, pour les années 50 le terme non-positif, lyrisme, par exemple, ou aujourd'hui le nominalisme, le jeu avec des figurations, la photographie... et de découvrir des hypothèses d'ajustement par la confrontation aux nouvelles technologies, aux nouvelles géométries, nouvelles réalités contre réalités nouvelles...

Erik Levesque - Mai 2008

Anne PERICAUDFredo GARDINIERPatrick LE DREANVéronique HENRYNataly GOUBETShih Chun LEEPierre DUCLOUPatricia CAROFFMarc LERUDEMax LANCIMiyuki ABEHans STEINBRENNEROlga CLAIRESylvie FAYONEsperanza BENITO CALVO