Alexandre-Robert RIGAUT
Hommage à Alexandre-Robert Rigaut
1936 - 2005
Rigaut appartenait à cette génération d’artistes ayant traversé la seconde moitié du XXe siècle au contact étroit des métiers. Pendant quelques années, il exerça celui de styliste en carrosserie automobile - créant des prototypes de voitures de sport. Plus tard, il passa indifféremment de la sculpture à la réalisation de pièces d’orfèvrerie, de mobilier, d’ornements en tôle repoussée, et à la ferronnerie d’art - en toute connaissance des savoir-faire correspondants.
Il parlait volontiers de ses grands-pères, d’origine germanique et flamande respectivement, tous deux artistes. Du grand-père paternel, sculpteur-sur-bois, il avait appris les rudiments de son art dès l’âge de huit ans.
Dans l’environnement culturel de sa Flandre natale, le jeune homme entre à seize ans à l’École des Beaux-Arts de Lille. Élevé dans le culte du bel objet par un beau-père ingénieur qui le pousse à apprendre un vrai métier, il s’inscrit parallèlement en cours du soir dans un centre d’apprentissage. Parmi tous les matériaux, il opte alors pour le métal qui correspond le mieux à son tempérament et à sa rigueur précoce. Délaissant la statuaire de ses débuts, l’artiste donne libre cours à son expression personnelle à partir de 1959. Venu s’établir à Paris à l’âge de vingt-cinq ans, il se cantonne désormais dans l’abstraction. Rigaut maîtrisait le façonnage des métaux, comme très peu de sculpteurs de son époque. La découpe, le martelage, le soudage et le polissage de la tôle d’Inox en particulier n’avaient pas de secret pour lui.
Dessinant des volumes fermés aux lignes tendues, il était capable de simuler la déformation, comme par une sorte de pliage imaginaire, d’une figure géométrique simple, un cône par exemple, sans que l’état de surface paraisse avoir ét&e
