Stanislas LELIO

Hommage à Stanislas Lelio

1927 - 2003

Il essaya de l'architecture, de la photographie, de la peinture, exposa quelques toiles avec les surréalistes, en 1947. Mais il avait besoin d'appréhender le monde dans sa substance matérielle. La sculpture le découvrit à lui-même. Dès cet instant, au tournant du demi-siècle, il s'y adonna, l'apprit, la regarda, la pratiqua avec une même passion exclusive qui ne le quittera plus et lui dura un bon demi-siècle. Passion et obstination, chez lui, marchaient de pair. Ajoutons la rigueur, le refus des modes, l'exigence, la fidélité à une éthique, autant de qualités qui définissent son parcours. Aucun des matériaux traditionnels de la sculpture ne lui fut étranger, du plâtre au bronze, de la terre cuite au bois, du carton à la pierre. Il les affronta avec la même curiosité, le même besoin d'en extraire les possibles, une même volonté d'y rencontrer l'obstacle pour s'en rendre maître.

De son parcours habité par la ténacité, on retiendra les étapes majeures: à côté d'un Ubu de tôle qui eut mérité à lui seul un carrefour en quelque Laval, un Chiron et Achille taillé dans la pierre et qui trouva sa place dans un lycée de Nîmes, un Icare d'acier qu'il fit amerrir en Alsace, Lélio réalisa une série de Portes qui passant de la terre cuite au bronze avec un rare bonheur, forment une véritable suite au sens musical et plastique du terme et l'une des plus fortes réussites de son œuvre, par laquelle il s'inscrit dans ce renouveau du baroque qui gagne la sculpture dans les années 1950-60.

Les grandes terres cuites polychromes lui permettent de passer à une autre dimension: par leur élan, par leur tension, voire même par leur structure, elles annoncent les grands Totems de bois monumentaux qui vont couronner son œuvre et occuper les vingt dernières années de sa production. En eux nous frappent la dynamique, l'unité et la variété, la façon dont le songe et le souvenir, le fantasme et l'élan, l'idée et le réel s'incarnent dans un matériau et dont celui-ci ouvre la porte à une aventure sans cesse renouvelée. À travers leur ronde, l'élan tendu du baroque s'unit à la structure sobre du cubisme et opère une synthèse heureuse qui doit maintenant prendre sa véritable place.

Jean-Dominique REY

Rossen IVANOVBernard DIDELLEUeli GANTNERPhilippe CLEMXine PÉRÈSPaskale METRoss GASHJean-Michel KAARTUZ-ETIENNEBogumila STROJNA BOLDILaurent KARAGUEUZIANPascal MAHOUPaul-Henri FRIQUETPascal HUGUAYClaude JOUAULT