Marcel BOUQUETON

Hommage à Marcel Bouqueton

1921 - 2006

Marcel Bouqueton, né à Constantine, se lie au lycée de Bône avec Fiorini, à Alger avec Nallard - ils exposent ensemble dès 1940 - et à l'Ecole des Beaux-Arts avec Maria Manton. Après trois années de guerre, il fréquente en 1946 les Beaux-Arts de Paris et rentre en Algérie. En 1953 il s'installe dans la région parisienne puis à Paris, retrouve ses premiers compagnons, se lie avec Chastel et Bissière.

"Par le biais de la représentation humaine très épurée", Bouqueton se détourne à partir de 1952 de toute figuration, s'engage dans l'exploration des capacités de son langage. Autour de 1955 il pulvérise les cadastres qui sous-tendaient l'équilibre de ses constructions et, en un infléchissement de son écriture, ses toiles se font parois frémissantes sur lesquelles commencent de monter les effluves de quasi-paysages nés du seul foisonnement des formes.

"Après une vingtaine d'années d'expérimentation dans le non-figuratif, mes recherches actuelles visent à recréer, toujours avec une base d'abstraction, un espace identifiable où sont suggérés natures mortes, paysages et personnages", confiera-t-il. A partir de 1965 resurgit en sa peinture la figure humaine au milieu d'indiscernables cruches, tasses ou assiettes, errantes à la lisière de leur identité. Nulle anecdote. Dans un climat d'irréalité, rien ne se passe sur ses toiles, aucun autre événement que, soudainement à vif, l'être quotidien des êtres.

  Sur la fin des années 80 la peinture de Bouqueton retrouve, en la renouvelant, sa dimension paysagiste. Etendues solaires, intérieurs plus intimes ou bien encore multiples articulations des deux espaces, elle surprend les signes, couleurs et formes, qui en amorcent l'évocation au plus fort de leur tension, immobilise le regard à l'instant où il commence à peine de distinguer choses et figures.

Sur ses toiles dont les gammes montent en intensité, l'espace s'illimite, dans la décennie suivante, sous les lumières d'une incandescente sur-Méditerranée. Déferlant en rafales rougeoyantes, suspendu en une continuelle naissance au seuil de sa reconnaissance, Bouqueton découvre un monde sauvage, encore indécis, à jamais incertain, antérieur et étranger aux repères sécurisants de la perception spontanée. Par des moyens purement plastiques c'est, constamment exorcisé par l'habitude d'exister, « le fantastique ordinaire du visible » qu'il donne alors à entrevoir.

Droit et rigoureux, discret, chaleureux et généreux, chez Marcel Bouqueton, mort le 11 août dernier à Fayence, l'homme, ennemi de toutes les complaisances et fidèle en amitié vraie, était à l'image du peintre. Avec lui, c'est l'un de ses plus anciens piliers que perd le Salon des Réalités Nouvelles où il exposait pour la première fois en 1956, ne cessant chaque année d'y participer durant un demi-siècle.

Michel-Georges BERNARD

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