SENLY Isabelle

Sculpture
Né(e) en :1966
Nationalité :France
3, boulevard Biron
93400 Saint-Ouen
Tél. 01 49 48 09 98
GSM : 06 33 53 61 52
isabelle.senly@wanadoo.fr
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Sans titre - 2011 - Résine 170x70x15 (© Jacques Florsch)

Isabelle Senly

Les sculptures transparentes et légères sont suspendues dans l’espace, comme des mobiles. Elles sont en résine translucide avec parfois des inclusions végétales, minérales et organiques pour colorer la sculpture. Cette technique d’imprégnation d’un support par un polymère est travaillée et déposée depuis 1997. C’est d’abord la fabrication des trames avec du papier imprégné de résine translucide, et une légère et fine armature de bois, noyées dans plusieurs épaisseurs de résine. Les trames sont assemblées et modifiées avec les techniques de la couture : fronces, plis, rosettes, torsades.

Les premières sculptures sont des « Chrysalides ». Les formes sont abstraites et laissent libre cours à l’imagination et à l’interprétation. La matière guide la forme. Il n’y a pas d’idée préétablie avant sa fabrication. La lumière révèle les formes, la structure, les épaisseurs et la couleur de la matière de façon variée, selon l’intensité de celle-ci. La sculpture appelle au sens et au ressenti du spectateur. Les interprétations sont ainsi multiples et jamais figées. Il y a un rapport au corps, à la vie de la forme et à sa transformation, et aussi à la lumière et à sa métamorphose. Jean Dubuffet écrivait dans « L’Homme du commun à l’ouvrage » :
« l’art doit naître du matériau et de l’outil et doit garder la trace de l’outil et de la lutte de l’outil avec le matériau. L’homme doit parler mais l’outil aussi et le matériau aussi ».

Texte issu de l’interview d’Isabelle Senly avec Juliette Darle lors du festival de poésie murale à Aubigny sur Nère.



Idoles barbares
L’inquiétante étrangeté des œuvres que propose Isabelle Senly réveille en nous un imaginaire archaïque que l’on croyait à tout jamais perdu. On est en présence d’objets, parfois volumineux, dont il serait vain de vouloir établir l’identité précise. L’artiste elle-même, et non sans raison, se contente de parler à leur sujet de « chrysalide », signifiant par là que ce sont des êtres engagés dans une métamorphose, et que son travail aura seulement consisté à les saisir au moment délicat où se joue l’entre-deux de la transformation.
Il y a une genèse de l’œuvre, toujours la même ; c’est presque un rituel. L’idée-matrice ou, si l’on veut, la forme générale, naît de l’étonnement suscité par la mise en défaut de l’ordinaire de la perception. Ce peut être un détail qui semble introduire une anomalie dans le bel ordre de la nature au cours d’une promenade ; mais ce peut être aussi, au second plan d’un tableau de maître longuement contemplé, une tache de couleur qui demeure énigmatique ; dans tous les cas il ne s’agira au fond que d’une simple irrégularité, et sans doute plus rêvée que réelle, mais les monstres y sommeillent et cela suffira pour que l’image encore confuse de l’objet se présente à l’esprit et demande à vivre.
D’abord, c’est la construction d’une armature de bois, légère et fine, à la fois souple et résistante, souvent enveloppante jusqu’à offrir des concavités qui pourront être comme autant de pièges à fantasmes. Cette armature sera ensuite noyée dans plusieurs épaisseurs de papier de soie, lui-même imprégné de résine translucide. Un seuil ici aura alors été franchi, car l’œuvre, à ce stade, commence à exister par elle-même. Il semble, en effet, que la vile matière utilisée pour sa fabrication soit devenue, sous les doigts de l’artiste, une véritable peau. Et l’on se surprend à guetter sur elle et dans ses transparences ambrées, les premiers frémissements d’une chair qui sortirait de sa torpeur et dont elle serait, en quelque sorte, le voile pudique. Mais, plus étonnant encore, cette trame vivante est avide de lumière qu’elle laisse filtrer à la manière des vitraux pour ne retenir de celle-ci, dans des frissons de nacre et de moire, que sa part d’immatérialité. Isabelle Senly attache d’ailleurs une grande importance à cet aspect. C’est que, bien exposée, en suspension dans un vaste espace, l’œuvre peut même donner l’impression troublante que la lumière émane d’elle au lieu d’être simplement réfléchie. L’atmosphère qui l’enveloppe prend dans ce cas une qualité particulière, celle que l’imagination religieuse associe d’ordinaire au nimbe dont s’entourent les corps glorieux. S’ajoute à cela une sensation d’éloignement qui ne fait qu’augmenter la fascination, comme si l’œuvre cherchait à préserver son mystère.
Aussi, est-ce pour faire écho à la luminosité aérienne, presque surnaturelle des œuvres, que Isabelle Senly a inscrit dans cette peau les stigmates d’un passé qui se perd dans la nuit des temps, mais qui est celui-là même de la nature toute entière. L’artiste s’est, en effet, appliquée à travailler la pulpe diaphane des œuvres en recourant aux techniques de la couture. Fronces, plis, rosettes, nervures y ont trouvé leurs places, véritables cicatrices d’aventures immémoriales. De même, elle y a, par incrustation ou inclusion, introduit des éléments minéraux, végétaux ou organiques, découverts au hasard, faisant par là, de cette masse de chair qui semble triompher de la mort, un inventaire en réserve de toutes les formes naturelles.
C’est dire de quoi il est question avec cette « chrysalide ». Elle nous parle certes d’un temps, celui des métamorphoses, mais aussi, et c’est l’essentiel, d’une réalité suprasensible située hors du temps, du côté de l’éternité, parce qu’elle exalte une matière qui aurait définitivement vaincu sa mortelle inertie. Au fond, ce qui en elle et par elle est célébrée, c’est la puissance même du divin, en tant qu’il se manifeste dans tout ce qui est vivant. Les œuvres de Isabelle Senly se font ici objets sacrés, idoles barbares où se concentre l’énergie de l’élan vital, et l’on peut comprendre alors tout autant leur étrangeté, qui nous en tient au premier abord à distance, que la prégnance remarquable de leurs formes concaves riches en promesses de bonheur.
Les travaux de Isabelle Senly ne sont pas sans une certaine parenté avec ceux de Spoerri, Beuys ou Messager. Il serait même possible d’en rencontrer l’esprit dans quelques œuvres de Picasso ou de Schwitters. Pourtant, et plus profondément, c’est, croyons-nous, vers les pratiques très anciennes de la fabrication des fétiches où domine encore un rapport religieux à la nature, qu’il faut se tourner si l’on veut saisir la singularité de la démarche de cette artiste.
Fernand Fournier, Paris Avril 2009
Née en 1966 à Reims
Vit et travaille à Saint-Ouen


Plasticienne et enseignante

Sélection d’expositions collectives

2012 Galerie Akié Arichi, Paris

2011 Centre d’arts plastiques Albert Chanot, 4Z’Arts, Clamart
Galerie Sirénades, Dinard

2010 Salon de Mai, Paris

2009 Galerie Akié Arichi, Lumière et métamorphose, Paris

2002 47ème Salon de Montrouge
24ème Festival de poésie murale en Sologne, Aubigny (Cher)

1997 HK Visual Arts Center, Hongkong

1996 107ème Salon des indépendants


Sélection d’expositions personnelles

2002 Atelier Z - C. Peugeot, Paris

1998 Halle Saint - Pierre, Paris

1997 Confluences, Paris
Galerie Passage Privé, Lyon

Expériences professionnelles

Depuis 2006 Professeur d’Arts plastiques dans le secondaire (collège Pablo Neruda Pierrefitte)
2000.2004 Fondatrice de l’Ecole d’Arts plastiques 194 rue Legendre à Paris

Diplômes

2005 Diplômée de l’Université de Paris I Sorbonne Licence d’Arts plastiques
1993 Diplômée de l’Ecole Supérieure des Arts appliqués Duperré Images de communication
1993 Ecole Nationale Supérieure des Beaux Arts de Paris


Presse

- « Idoles barbares », Fernand Fournier, avril 2009
- « Peinture vive », CD Rom, Pierre Souchaud, mai 1998


1997-2004 Voyages à Hongkong, au Japon, Philippines, Thaïlande, Cameroun, New York, Espagne, Italie.