OZGA Kasia

Peinture
Né(e) en :1981
Nationalité :États-Unis
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http://kasiaozga.com

Super size me - 2009 - Couture 122x200 (©2009 Phoro Kasia Ozga)

Selon Barbara Kruger, le corps est un champ de bataille entre les forces politiques et culturelles qui essaient de le manipuler de l’extérieure. J’apprécie le corps comme une bifurcation de tensions, où la volonté de se définir à l’Intérieure fait face à la volonté de se présenter vers l’extérieure. Nos corps sont en même temps des espaces intimes, délicats, et sensuels par lesquels nous ressentons notre environnement et des armures qui nous protégent de ce qu’il y a autour. En ce lieu, on négocie notre capacité de s'adapter à la vie commune et notre habitat. Néanmoins, malgré cette force ambivalente et importante dont le corps est porteur, une version étroite et impotente du corps est exaltée par les media et une culture social qui est résolue à limiter l’expérience sensuelle. Ces institutions commodifient les corps et vendent sa peau aux consommateurs comme l’article génuine. Les consommateurs qui les achètent, le font sans la conscience de l'apprivoisement que cela entraine sur leurs propres vies.

Mon travail essaye de démasquer cette transaction qui s'opère dans notre quotidien. Tandis que la culture publicitaire nous donne un concept figé du corps et nous encourage de l'acheter, je vois le corps comme un champ de création plus que celui de consommation. Dans un monde, où l'on se retrouve chaque jour plus éloignée de l’aspect physique de l’existence - avec ses propres cycles, habitudes, et pouvoirs de l’invention - je propose à la fois une méditation et une expérience du corps qui encourage les spectateurs d’agir en réévaluant les bases de leur perception et expérience somatique de la réalité. Mes oeuvres sont des portraits de personne et de tout le monde simultanément - ils repoussent des définitions fixes et leur sujet commun est la façon dont on crée notre existence à travers le corps.

Je crée des situations, où je juxtapose des éléments simples qui font allusions aux parties et actions de corps en flux ; je dépeins le mouvement sans y mettre fin. Les parties du corps sont anonymes, à la fois organiques et synthétiques, provenant de mon regard sur mon corps et sur ceux des autres, physiques et photographiés. Mes installations sont, pour la plupart, temporaires, parfois ils sont réalisés dans des matériaux durs. Le temps et le mouvement sont y gelés et mélangés dans un espace qui évoque l’abstrait en utilisant des matériaux spécifiques et particuliers.

Chaque oeuvre devient entière quand il est confronté au regard de l’audience ; ses frontières ne sont jamais établies en avance. L’oeuvre n’est jamais terminé ; la supposition moderniste de l’image complète en soi-même, établi par les conventions d’encadrement et d’illustration à l’Ouest, devient formellement impossible quand le sujet fait partie d’un autre corps qu’il faut s’imaginer. Je voudrais responsabiliser une expérience vivante du corps par mettant l’audience au défi de donner une réponse active à mon travail.

La peinture devient un plan et une fenêtre ; la sculpture devient un modèle et un site. Le spectateur voit quelque chose, il réagit en prenant quelque chose de l’œuvre, et en l’utilisant à ses besoins. Le processus génératif est constant et se déroule dans les deux sens. L’objet change sous le regarde du observateur et, à cause du dialogue qu’il mène avec celui-ci, ses frontières dépassent l’objet même et comprennent les relations dans lesquelles il est entré. Chaque corps (de l’œuvre de l’art et celui du spectateur) est alors reconnu comme une question ouverte au lieu d’être une réponse déjà présupposé et donc crispée, dans soi-même.
Kasia Ozga est une artiste émergente, qui travaille la sculpture, les installations, et l'art environnemental. Elle est née en Pologne et a grandi aux Etats-Unis où elle a poursuivi un « Bachelor of Fine Arts » aux Beaux-Arts de Boston (SMFA) et à Tufts University. En 2002, elle a étudié aux Beaux-Arts de Paris (ENSBA) lors d’un programme d’échange universitaire. Elle a également été boursière de la Fondation Kosciuszko à l’Académie des Beaux Arts en Krakovie, où elle a reçu son magistère en sculpture en 2006. Kasia Ozga a déjà exposé aux Etats-Unis et dans neuf pays à l’étranger. Elle a également reçu plusieurs prix pour son travail dont une bourse Harriet Hale Woolley de la Fondation des Etats-Unis et une bourse du Ministère de la Culture en Pologne.

Kasia Ozga is a sculptor and installation artist based in Paris. Her work explores how our attitudes and behaviors toward the natural environment impact the human body. She holds an M.F.A. from the Jan Matejko Academy of Fine Arts in Krakow, an M.A. from Paris 8, and a B.F.A. from the SMFA, Boston. She is a former Kosciuszko Foundation Graduate Fellowship recipient, Harriet Hale Woolley Grant recipient from the Fondation des Etats-Unis and Polish Ministry of Culture grantee. Ozga’s work has been exhibited in over 10 different countries. www.kasiaozga.com