LIN Ruixiang

Peinture
Né(e) en :1981
Nationalité :Chine
115, rue de Reuilly
Escalier 4 - N°93
75012 Paris
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Sans titre - 2010 - Bougie, papier, crayon, peinture a l'huile, Gesso, bombe de peinture 180x160

Je fais un art pictural entre le dessin et la peinture ; j’utilise aussi des matérieaux mixtes et recherche la variété des possibilités. Je conçois ma peinture comme un jeu, une action sur le papier menée librement. Ma gestuelle est proche du gribouillage sur un cahier d’écolier, comme une façon de « détruire » la surface blanche du papier (voir ce que dit Gilles Deleuze sur la manière wdont on « prépare » la toile en « détruisant » ce qui s’y trouve déjà – Logique de la sensation, chapitre « Le diagramme ».) A partir de là, je construis une fiction gestuelle, faite d’actions et de formes incertaines, au fil de la main, en un geste qui défait le lien de la main et de l'oeil (voir Roland Barthes L'obvie et L'obtus, page 151 : sa main seule le guide, le désir de sa main, non son aptitude instrumentale ; l'oeil, c'est la raison, l'évidence, l'empirisme, le vraisemblance, tout ce qui sert à contrôler, à coordonner, à imiter, et comme art exclusif de la vision, toute notre peinture passée s'est trouvée assujettie à une rationalité répressive.) Puis, je corrige par la rature ou le barbouillage par l’élimination des formes qui sont figuratives dans le tableau. Paradoxalement, toutes ces rectifications successives doivent conduire à une composition harmonieuse, équilibrée, dégageant une sorte de « sérénité». J’utilise le geste pour faire jouer une limite entre les incertitudes et les certitudes, pour obtenir un effet : désorienter le jugement du spectateur, qui ne peut être sûr du sérieux de la peinture : c’est la peinture ou du griffonnage ? Je choisis le papier comme support, parce que je trouve le papier plus léger, plus plastique que les autres supports comme par exemple la toile, le bois...). Sa principale qualité : il est plus sensible, il permet davantage l'intuition. Il me donne beaucoup d’inspiration à cause de sa qualité tactile particulièrement sensible. Quand on considère l'histoire du papier, on constate que les gens toujours l'utilisent à diverses fins, surtout pour diffuser et enregistrer des idées (le livre, le journal...). Pour moi, il est un contenu, historique, hermétique; sensible, qui me procure une sensation très complexe. En outre, il procure une émotion particulière quand, grâce au pliage, peut être à la reliure, il permet qu’on le feuillette : alors, il se donne dans une certaine intimité (la lettre, la note... ) A cause sa qualité fragile, il réagit différemment quand il rencontre d’autres matériaux. Par exemple, quand l'eau stagne à sa surface, il montre une perméabilité différente que lorsqu’il s’agit d’huile (de peinture à l’huile). C’est pourquoi je choisirai ce médium. Pour mes réalisations, j’utilise des techniques et matériaux mixtes : des instruments servant à écrire, à peindre, mais aussi le propylène, l’aquarelle, l’huile, la colle à bois, Gesso .... Mais surtout le crayon. Il est bon marché, commode, léger comme une plume. Il tient dans la poche, n’a pas besoin de pile, ne fuit jamais, et sa trace est effaçable. Et qui n’en garde pas un à portée de main pour griffonner des notes ? Pour choisir le crayon, on se fie aux lettres ou aux chiffres imprimés dessus. Ils indiquent le degré de dureté ou de tendreté. Les mines tendres font un trait plus foncé... •HB est une mine polyvalente, de degré moyen. •B indique une mine tendre. Une désignation telle que 2B ou 6B donne le degré de tendreté. Plus le chiffre est élevé, plus la mine est tendre. •H indique une mine dure. Plus le chiffre est élevé — 2H, 4H, 6H, etc. —, plus la mine est dure. •F signifie pointe fine. Mon utilisation des différentes caractéristiques des crayons me permet de jouer sur les points, lignes, surfaces. Je peux faire clair ou foncé, dense ou moelleux.., L’histoire de l'art m'a donné beaucoup de matériel de référence pour ces techniques, par l’observation des grand maîtres anciens. Je transpose à la peinture contemporaine. Si j’utilisais simplement ces techniques classiques, ce serait ennuyeux. Le plus intéressant, c’est de dessiner en inversant le procédé, ou bien je peins sans regarder ni réfléchir, pour détruire la forme complète, au contraire de la technique traditionnelle du dessin. Il y a d’autres raisons d’utiliser le crayon, le stylo, les autres instruments servant à écrire : ils me rappellent le geste même d’écrire. Utiliser le crayon pour jouer le gestue de écriture, c' est ajouter dans l’oeuvre l'élément de écriture. J’utilise les traits «tremblés» réalisés au crayon, au pinceau ou au stylo : ils sont un peu comme des vibrations sonores, comme des notes de musique aiguës ou graves, comme le rythme d’une voix. Je tente de peindre un murmure, un son, un silence... Cela renvoie à la vibration de l’air par lequel le son se transmet. Et les traits «vides» de sens, ceux qu’on ne peut pas lire, imitent un geste de calligraphe , une écriture qu’on ne sait pas lire, et qui « entasse » successivement les traits. (Pour un effet ambigu, je n' ai pas vraiment écrit, je n’ai pas tracé de caractère, mais seulement des traits qui ressemblent à une écriture. L’idée de départ est venue de la difficulté de lire des écriture étrangère ; le langage étranger est peut-être indéchiffrable, mais il a un contenu et il stimule le désir de lecture. Surtout quand il présente un agencement du texte pour faciliter la lecture, par exemple : des titres, des paragraphes, des notes, des annotations, une ponctuation... j'imite le geste calligraphique pour ajouter des choses énigmatiques à l’écriture.) La forme fait énigme dans le contenu et met du langage dans la peinture, ainsi dans le tracé d’un caractère ou d’un idéogramme.(voir le livre de Jean-François Lyotard Discours, Figure page 216 : "Deux exigences contradictoires, celle de la signification articulée et celle du sens plastique" Cela veut dire que dans l'écriture il y a deux choses : ce que l'on lit (la signification comme langage), et ce que l'on voit (la signification comme forme dessinée). Page 217 : "Ce qui donc sépare la lisibilité et la plasticité..." Cela continue la même idée : la lisibilité, c'est la signification articulée, et la plasticité, c'est le sens plastique.) Mes interventions sont multiples, mais tendent toutes vers la déstructuration, la juxtaposition incongrue, l’effacement, le refoulement. La surface se charge de traces diverses, de ratures, d’usures, de bosselures…Je joue sur les effets pour stimuler le toucher, car mes toiles se composent de graffitis, d’usures, de bosselures ou de gravures... c'est aussi pour en créant plusieur supports sur le première support de papier, en jouant des différences de supports sur un même plan. surtout la colle à bois, je m'intéresse à la colle comme matériaux qui est translucide quand elle sèche de séparer différente couleurs, en créant un'effet de surface et de couleur plus illusoire. "Gesso", des enduits acryliques, je toujours joué avec la surface, pour faire des effet avant ou après sechage. Les lignes, les traces, les étendues qui se forment et se dissolvent, pourraient s’apparenter à des graffitis ou des idéogrammes, mais dont le sens resterait secret, indéchiffrable. Mes références s’appuient sur des origines très différentes, le graphique et le cahier d’écolier. Le graphique, qui est linéaire, visuel, symbolique... c'est un système de signes, rigoureux et simple, que chacun peut apprendre à utiliser et qui permet de mieux comprendre des cartes. Ainsi la sémiologie graphique utilise les propriétés du plan pour faire apparaître les relations de ressemblance, d'ordre ou de proportionnalité entre des ensembles donnés, Il faut interpréter. Et le cahier d’écolier, qui est gribouillé et désordonné, mais qui a aussi du contenu et de la substance, se présente toujours graphiquement. Dans la forme de ces deux choses, je me sens très proche de la forme artistique que je recherchais. Mes autre références sont la peinture chinoise et le mur. Comme j'ai grandi sous l'impact de la culture traditionnelle chinoise, J'ai une vision de la composition de l'esthétique de la peinture chinoise: La perspective dans la peinture chinoise. En même temps, je me réfère à des murs : ils m'ont toujours attirée, je suis très touchée par le fait qu'ils sont parfois formés, et n' ont pas d’ordre ou de structure, mais ils semblent vivants et ont du contenu. Ces murs suscitent en moi le doute: est - ce que c'est un mur ou une peinture magique ? Je m'applique à faire une œuvre qui soit légère, délicate et sensible, comme la plume même. Et qui fasse un effet très subtile : une image entre la peinture et le griffonnage, cela me semble un terme très juste. Toute ma culture et mes influences culturelles viennent du grand philosophe chinoise : le livre de ''TCHOUANG—TSEU'', ''le rêve du papillon''(Jadis, raconte Tchoang-tzeu, une nuit, je fus un papillon, voltigeant content de son sort. Puis je m’éveillai, étant Tchoang-tcheou. Qui suis-je, en réalité ? Un papillon qui rêve qu’il est Tchoang-tcheou, ou Tchoang-tcheou qui s’imagine qu’il fut papillon ? Dans mon cas, y a t il deux individus réels ? Y a t il eu transformation réelle d’un individu en un autre ? — Ni l’un, ni l’autre, dit la Glose. Il y a eu deux modifications irréelles de l’être unique, de la norme universelle, dans laquelle tous les êtres dans tous leurs états sont un.)
Cultivant très jeune un intérêt pour le dessin et la peinture, j'ai entrepris des études à l'Ecole des beaux-arts de Guangzhou en Chine, option Peinture (Bac+4, niveau Master 1). En juillet 2004, j'ai participé à une exposition au musée de Canton, sur l'île d'Er-Sha, intitulée "nouveaux jeunes". J'ai séjourné à Paris et Vichy en France en 2005. En 2006 septembre, j'ai été reçue au concours d'entrée de l'Ecole des beaux arts de Tourcoing (ERSEP) où j'ai étudié jusqu'en 2010. J'ai participé en juillet 2007 à une exposition au musée de Canton sur l'île d'Er-Sha, intitulée "avancer,avancer,avancer ", obtenu le diplôme de DNAP en 2008,participé à une exposition à Roubaix,intitulée " ailleurs,d'ailleurs " en juin 2008. En mars 2009, j'ai fait un stage auprès de Christophe Atabekian, sur la préparation d'un film de long-métrage intitulé "zaibiechu". J'ai réalisé dans ce cadre une série d'entretiens avec des étudiants chinois et participé à la traduction et au sous-titrage. En 2010, j'ai obtenu le diplôme de DNSEP à ERSEP de Tourcoing, avec mention, participé à une exposition à Tourcoing, intitulée " A VOIR " en juin 2010.