PAYAN Charles

Sculpture
Né(e) en :1940
Nationalité :France
212, rue des Cavaliers
38870 Saint-Siméon de Bressieux
Tél. 04 74 20 09 58
charles.payan@ujf-grenoble.fr
http://www-leibniz.imag.fr/CNAM/payan/CP/cp.htm

Présence/absence - 2006 - Acier oxydé et inox 70x70x70

Le travail de Charles Payan. se situe à la frontière de l'abstraction élémentaire et de l'arte povera. Si dans sa peinture il s'intéresse aux notions d'équilibre/déséquilibre, aux rapports de forces (attraction, répulsion, pesanteur...), ses installations, par la confrontation matière/signe (juxtaposition de matériaux, lumière, vidéo…) sont principalement une interrogation sur le temps.


Créer pour Charles Payan n'est pas thématiser, c'est former une matière dont la structure échappe, est en devenir incessant. Ses oeuvres n'ont rien à prouver qu'elles-mêmes. Le centre de la création reste sa " matière " elle-même : le reste n'est qu'anecdote. Toutefois l'auteur ne totémise pas son langage. Dès lors entre thématisation et totémisation demeure cette création dont l'angle d'approche est absent ou plutôt dans laquelle il n'existe pas d'angle mais cette force qui va dans l'obscur et qui peut faire sourdre soudain une vision du monde et de l'être en effacement. Payan s'éprouve et éprouve le monde à l'épreuve d'une oeuvre et d'une langue qui se découvre en avançant. Il propose une autre manière de voir, de sentir nos états de victime et peut-être de toucher cet arpent de vérité et de liberté qu'on a oublié de réclamer. Cela ne veut pas dire que nous allons changer, que le monde va changer. Mais soudain quelque chose bouge. Et si une telle entreprise manifeste la volonté de ne pas dissocier les questionnements politiques, philosophiques, esthétiques, anthropologiques, elle reste avant tout un risque : celui de foncer dans et de forcer l'inconnu. De la sorte, l'absence de projet, au sens strict, ne veut pas dire absence de décision, mais ramène toujours à l'écart entre la décision qui a dicté l'oeuvre et ce qu'elle devient. Créer revient pour Payan - et au nom d'expériences primitives - à se livrer à une confrontation avec un art privé de parole mais qui l'obsède et dans la volonté à la fois de " ruiner " le falbala des formes tout en préservant des fragments désolés capables de toucher à la parole impossible, à l'impossible de la parole plus qu'à l'impossibilité de parler.

Extait de Région humaine : Charles Payan et le « bo »
Jean-Paul GAVARD-PERRET (Université de Savoie), octobre 2006


Charles Payan, en utilisant les matériaux les plus divers, crée des œuvres qui campent aux frontières de l'équilibre. Elles traduisent un sentiment d'inquiétude qui place le spectateur lui-même dans un état d'intranquilité interrogative. Cette inquiétude transparaît le plus souvent dans la fragilité paradoxale d'éléments lourds et massifs placés en lévitation simulée ou en équilibre apparemment instable mais toujours maîtrisé. Les œuvres, empreintes d'austérité, silence, interrogation, dégagent une force contenue mais indéniable. Elles se déclinent le plus souvent en un rythme binaire, où deux parties issues d'une fracture sont pourtant sémantiquement indissociables. Cette dualité est rassurante. Elle est là comme une réponse à tous les doutes. Ce travail qui relève à la fois de l'Art Concret et de l'Art Conceptuel, réussit à exprimer l'indicible. Il révèle un artiste-chercheur profond et intègre : Charles Payan, un sculpteur de l'inquiétude.
Extait de Charles Payan, la force inquiète
Jean-Louis Soler, juillet 2004



Charles Payan, avec les plasticiens contemporains, affirme le plein sens du mot œuvre, œuvre qui est travail donc résultat matériel, mais aussi et surtout action donc interrogation et résonance.
La dynamique de l'œuvre, c'est maintenant nous, spectateurs. Il ne s'agit plus d'une chose aussi restrictive et unique que l'exemple d'une personnalité ou d'une sensibilité, soit-elle artistique, il s'agit de nos processus de perception et de leur association au vécu individuel et collectif.

Extrait de l'introduction du catalogue de l'exposition Charles Payan au Musée de Mâcon
Jean-François GARMIER, Conservateur, juin 1984
Double activité : artistique et scientifique.
- chercheur CNRS (mathématique)
- Plasticien (peinture/sculpture/installations/vidéo)

Expositions 1975 : Festival d'Avignon (première exposition) 1976 : Galerie Id2, Grenoble 1977 : « Septembre 77 », Grenoble 1978 : U.A.P. Grenoble
Maison de la Culture, Grenoble 1979 : Galerie « la tête de l'art », Grenoble Musée de l'imprimerie, Lyon C.R.A.C. Grenoble Bourse du Travail, Grenoble 1980 Alpexpo, Grenoble 1981 : « Figures en façade » Espace Lyonnais d'Art Contemporain, Lyon Salon du Dauphiné (prix d'art contemporain), La Tronche 1978 à 1982 : « Tendances » Musée Hébert, La Tronche 1982 : Intervention « Fin de série », Maison de la Culture de Châlon Théâtre de Grenoble
Biennale d'Echirolles 1983 : « Berriat 83 », musée de Grenoble/Centre Social Berriat Art et Architecture, Grenoble « Din 21x29,7 », Galerie des Tanneurs, Tours 1984 : Musée de Mâcon 1984 : "3 collections, 3 peintres", Fondation Hébert- d'Uckermann, La Tronche « Gravure », Galerie de prêt, Grand Place, Grenoble 1985 : « l'Art s'affiche », Galerie-Musée Géo-Charles, Echirolles 1986 : Canato/Coblentz/Payan, M.A.P.R.A., Lyon 1988 : Abstrait-Concret 1, CRAC, Grenoble Octobre des Arts, Lyon (groupe Radical) Exposition « Radical » Subotica, Yougoslavie 1989 : Festival International d'Art de Groupe, Abattoirs 89, Marseille Abstrait-Concret 2, Espace Achard, Grenoble (groupe Radical) 1994 : « Ateliers d'Artistes », Grenoble/Aoste 1995 : « Valises d'Artistes », Galerie Zig-Zag, Grenoble 1996 : Canato/Payan : " Doutes ", Pont de Claix 2000 : « Camping 2000 » , Romans 2003 : « Ombre et lumière » La grange, St Siméon 2004 : « Eve(s) » (avec G. Baudinat), La grange, St Siméon 2005 : « Les plasticiens des mots », Galerie du Larith, Chambéry 2006 : « Eve(s)-suite » (avec G. Baudinat), Galerie du Larith, Chambéry
2006 : « Octobre à la grange » (avec C. Coblentz), St Siméon
2006, 2007 : Réalités Nouvelles, Paris
2007 : « ARTisSteel », Reims
2007 : 1er festival Peinture dauphinoise contemporaine.
2007 : « Instants », avec S. G. Schollaert, photographe, La Côte St André