CHAGNON Louis

Peinture
Né(e) en :1955
Nationalité :France
6, allée des Tilleuls
92400 Courbevoie
Tél. 01 41 16 01 48
chagnon.louis@numericable.fr

17032015-2014-Acrylique sur bois 50x120

On connaît l'opposition enter « la couleur » et « la ligne » qui polarisa, en la résumant d'une façon tout à fait spécifique, le débat qui sévit, lors de la Renaissance italienne, entre l'école vénitienne et l'école florentine. Il en a résulté toute une réflexion sur la peinture, son langage et sa façon même de s'incarner. On connaît par ailleurs les positions des grands maîtres, par exemple le texte célèbre de Kandinski sur « la ligne » ou encore celui tout aussi célèbre de Rodchenko sur « la primauté de la ligne », véritable cheville ouvrière de son constructivisme, voire même l'action paradoxale, conceptuelle et néo-dada de Piero Manzoni traçant à plusieurs reprises la « la ligne la plus longue du monde ». Louis Chagnon a décidé de faire de la ligne son cheval de bataille, voire l'ubi consistam de son œuvre en tant qu'artiste. Avec humour, il produit donc un catalogue intitulé Exposition permanente et originale sur papier qui, numéroté 200 exemplaires et signé, devient une œuvre à part entière : de fait, le catalogue est l'exposition et l'œuvre réunies dans un seul objet. Ce livre-objet décline alors, dans une série de monochromes en jaune, noir, bleu, rouge, tous barrés d'une ligne blanche, à moins que, comme il arrive dans certains cas, le monochrome ne se confonde avec le papier, devenant blanc afin de laisser à la ligne toute la couleur. Pour l'artiste, la couleur (mais aussi la page même de son livre d'art) représente la matière la nature et, résumé de tout cela, l'univers, ce qui est presque une tautologie i l'on pense à l'origine étymologique du mot univers : vers le un. La ligne, droite, sans fin ni commencement, devient alors le symbole d'abstractions presque mystiques : celle de l'horizon, de l'avenir et de la pensée humaine. Dans un autre livre, au format semblable, intitulé Réflexion d'un artiste sur lui-même. Louis Chagnon nous offre ses pensées sur l'art, sur le pourquoi de sa vocation et sur son but esthétique. Mais il hésite lui-même, ne sachant pas trop bien si le sien est un plaidoyer « pour l'art concret » ou plutôt « pour un art métaphysique ». Après tout, il st vrai qu'il existe maints artistes qui n'ont jamais su trancher de manière définitive entre ces deux choix.

Giovanni Lista
Ligeia, n° 41-42-43-44
Octobre 2002/ juin 2003

Lorsque l'on regarde le grand spectacle de la nature, on peut légitimement s'interroger sur les raisons qui justifieraient l'existence de l'art géométrique (ou concret, ou constructiviste, selon les points de vue…). Si l'on constate que en effet, la ligne droite, le cercle , le carré, le triangle existent de façon extrêmement discrète dans la nature, par contre, ils semblent hanter l'humanité depuis la nuit des temps. Les peintures pariétales, certaines poteries protohistoriques du Moyen-Orient, les vases géométriques de la Grèce du VIIIe siècle avant notre ère, outre leur très haute qualité esthétique intrinsèque, démontrent aussi que l'humanité a d'abord choisi la voie de la stylisation, de la simplification allusive, plutôt que celle de la mimesis.

Pourtant, bien des peintres travaillent, cheminent à rebours de cette constatation. Par un étrange renversement culturel, nombre de peintres du XXe siècle ont commencé par représenter (re-présenter) la nature, le monde extérieur, puis peu à peu ont épuré leur propos, se limitant à tel ou tel questionnement plastique, sous l'influence de Cézanne, d'un Picasso, d'un Kandinsky, d'un Mondrian parfois…

Né en 1955, Louis Chagnon multiplie les expériences picturales depuis son enfance. Il se consacre actuellement à une peinture très dense, et en même temps très simple (ceci dissimulant cela) : une ligne horizontale sur un fond monochrome (la palette est très variable), saturé, sans spécificité. Auparavant, les étapes auront été nombreuses : figuration néo-pointilliste, recours aux confettis comme pochoir, emploi de divers matériaux, collages de carton, ou de fragments de toile peinte, etc. Mais on remarque le cheminement vers le dépouillement, le rejet systématique de l'allusion figurative, de l'anecdote, et des sentiments quels qu'ils soient. Au contraire, le peintre s'efface de plus en plus derrière une pratique qui énonce un fait plastique : formes et couleurs dans un certain ordre assemblées.

Cette pratique avait déjà produit, autour de 1998, un certain nombre de reliefs blancs, où les formes simplifiées (cercles ou carrés en grande majorité, et monochromes) jouaient sur les contrastes de lumière et de relief, puisqu'elles étaient constituées de carton ondulé, matériau neutre, indifférent. L'apparente facilité du propos révélait en réalité une étonnante variété d'œuvres, toujours bâties sur la même opposition des reliefs (en judicieux équilibre pour créer de subtils passages sans engendrer des oppositions brutales), jouant des contrastes de lumière, et explorant les ressources des multiples combinaisons et imbrications des plans.

A présent, Louis Chagnon réalise des toiles le plus souvent de format rectangulaire (horizontal ou vertical, volontiers allongé), parfois carré, uniformément peintes en jaune, ocre, rouge, bleu foncé, noir… Sur ce fond, se détache une mince ligne blanche horizontale dont la longueur varie entre un cinquième et presque toute la largeur du tableau. Elle se situe aux deux tiers ou aux trois quarts de la hauteur de ce tableau. De l'opposition entre la mince ligne blanche et le champ chromatique saturé (et les deux sont en proportions soigneusement calculées) naît une étrange fascination, un équilibre dynamique, un silence (qui n'est pas absence) de signification clairement énoncée. Au contraire, surgit une sorte de suggestion puissante, un rythme qui nous oblige à sans cesse aller et venir entre un vaste espace, profond, dense, et une étroite coupure qui laisserait entrevoir la possibilité d'une autre lumière, d'une autre dimension à peine suggérée, qui serait séparation en cours, ou superposition précise sur fond d'indéterminé.

Cette affirmation claire de l'œuvre réalisée se double, on le voit, d'une richesse de sens ou de sensations particulièrement intéressante. La simplicité des moyens n'indique nullement une indigence de la pensée. Bien au contraire l'ascèse ici est le moyen idéal pour maîtriser un foisonnement, un appétit de création, d'expérimentation ; une inquiétude bien réelle. Que l'on relise les textes de Louis Chagnon : « Pourquoi je peins ? », « Mon chemin vers l'œuvre
d ‘art », « mon sujet esthétique », écrits en 2001. Au delà d'une fraîcheur et d'un humour remarquables, on sera étonné de déceler une angoisse , un besoin de se remettre sans cesse en cause, de ne pas se satisfaire de l'acquis, et aussi de transmettre à autrui des expériences, des tentatives fructueuses, des échecs… qui à leur tour, engendrent de nouvelles œuvres pour lui-même, et pour nous ouvrent la porte vers de nouvelles interprétations, de nouvelles sensations…

Louis Chagnon est en chemin : ses œuvres comportent une plénitude de sens, une densité matérielle réelle mais aérienne, elles nous perturbent et nous rassurent à la fois… Petit à petit, il nous emmène vers ses propres horizons, où se mêlent sérénité et inquiétude, silence et suggestions… Il fait œuvre subtile de pédagogue, celui qui dans l'antiquité grecque, menait les enfants à l'école… Grâce à lui, nous nous acheminons vers le dévoilement (toujours partiel, rassurons-nous !) , vers une certaine compréhension du fait plastique. C'est une opportunité particulièrement rare, sachons lui en rendre grâce.




Bernard Fauchille
Musées de Montbéliard
9 février 2003
Peintre plasticien et artiste photographe professionnel

Né le 23 septembre 1955 à Paris.
Demeurant : 6, allée des tilleuls, 92400 Courbevoie, France.
Tél. Fax. : 01 41 16 01 48
Mobile : 06 09 03 25 66
E-Mail : chagnon.louis@numericable.fr

Exposé en permanence à la galerie
K.A.D. Gallery, avenue Ernestine, 20/20
B1050 Bruxelles, Belgique,
Tél. : 32 2 539 4600


Expositions personnelles :

- 1995 : Galerie SAPHIR, Bécherel, Ille-et-Vilaine.
- 1997 : Exposition à l’ESSEC, La Défense.
- 1998 : Galerie HORS LIMITE, Tournai, Belgique.
- 2002 : Galerie WHITE ELEPHANT, Paris.


Expositions collectives :

- 1994 : Galerie Hérouet, Paris.
Galerie Everarts, Paris.
- 1995 : Galerie Saphir, Paris.
- 1997 : WALTON CONTEMPORARY ART GALLERY, Londres.
Salon international du collage, Paris.
- 1998 : Salon international du collage, Paris.
- 1999 : Salon international du collage, Paris.
- 2000 : Salon Grands et Jeunes, Paris.
Salon Comparaisons, Paris.
- 2001 : Première exposition sur papier.
Galerie CLAUDE DORVAL, Paris.
- 2002 : Salon Comparaisons, Paris.
Salon Grands et Jeunes, Paris.
GALERIE WHITE ELEPHANT, Paris.
GALERIE RICHARD DELH, Paris.
- 2003 : Galerie Richard DELH, Paris.
2003, Foire d’Art contemporain de Strasbourg,
Galerie Richard DELH.
Salon Réalités Nouvelles, Paris.
- 2004 : Galerie Richard DELH.
Symposium KopArt, Kopaonik, Serbie et Monténégro.
Salon Réalités Nouvelles, Vincennes.
Réalisation de tapis sur mes dessins avec Momtaz Tapis, Paris 75016.
- 2005 : Galerie Richard DELH, Paris.
GALERIE WHITE ELEPHANT, Paris.
Salon Réalités Nouvelles, Vincennes.
- 2006 : K.A.D. Gallery, Bruxelles.
Salon Réalités Nouvelles, Vincennes.
- 2007 : K.A.D. Gallery, Bruxelles.
- 2008 : Rencontre internationale 7 pays, 16 artistes, association
culturelle Franco-Japonaise, Paris.
L’Arte construisce l’Europa, Galeria civica Gian Battista Bosio,
Desenzano del Garda, Italie.
- 2009 : K.A.D. Gallery, Bruxelles.
- 2010 : K.A.D. Gallery, Bruxelles.
Exposition photographies, café Poussin, 7016 Paris.
- 2011 : K.A.D. Gallery, Bruxelles.
- 2012 : K.A.D. Gallery, Bruxelles.
- 2013 : K.A.D. Gallery, Bruxelles ; Artcap ; Salon Réalités Nouvelles.
- 2014 : K.A.D. Gallery, Bruxelles ; Salon Réalités nouvelles ; Réalités nouvelles hors les murs Pékin.



Distinctions :

- Prix Artcolle remis au Salon international du collage 1999 par
Bernard Mandeville.
- Médaille de vermeil, sections lettres, décernée par l’Académie internationale de Lutèce, Paris, Grand concours international 2001, pour ma brochure : « Réflexion d’un artiste sur lui-même ».


Collections publiques, institutions :

- Musée départemental de l’éducation du Val d’Oise, Saint-Ouen-l’Aumône,
Val d’Oise, France.
- Musée de Montbéliard, Doubs, France.
- Arte Struktura, Milan, Italie.
- Mondriaanhuis, Amersfoort, Pays-Bas.
- Bibliothèque Nationale, Paris, France.
- Art Institute of Chicago
Ouvrages publiés :

- « Réflexion d’un artiste sur lui-même, Plaidoyer pour l’Art Concret », Paris 2001, en vente à la librairie de l’Espace de L’Art Concret de Mouans-Sartoux, (compte-rendu par Giovanni Lista dans la revue Ligeia en 2002).
- Deuxième édition, revue, corrigée et augmentée, illustrée de reproductions de tableaux, 2003.