CARIFFA Tonia

Peinture
Nationalité :France
4 bis, square Desnouettes
75015 Paris
Tél. 01 77 10 07 78
GSM : 06 72 35 22 07
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Hommage à Kremski/bols chantants tibétains - 2006 - Huile 81x60

Dans un clair-obscur bleuté de début ou de fin du monde, des silhouettes ocre et grises s'agglutinent en petits groupes. Pour se rassurer peut-être. Ou pour parler à voix basse de cette existence qui commence, qui s'achève. Proches ou lointaines, elles viennent se blottir dans l'espace jusqu'à y former un îlot, ou un ruisseau. Sur le tableau, sur le papier, elles donnent le la. Elles ressemblent à ces frileuses grappes humaines qui attendent dans l'aube sur un quai de gare, et qui n'ont somme toute rendez-vous avec rien d'autre que le petit matin blême de leur vie. Elles évoquent aussi ceux qui errent dans les limbes et ceux qui, depuis très longtemps, guettent au cadran de l'horloge, ou dans les yeux de leurs semblables, le moment qui les délivrera de leur corps.
?Jean-Michel Maulpoix?In Tonia Cariffa, "Dossiers d'art contemporain", éd. Porte du Sud


Une peinture qui ne s'affiche pas, une peinture qui sait se faire attendre et ne livre rien d'elle, tout d'abord, ou si peu qu'on ne voudrait en rester là. Et la première surprise qu'elle réserve, dès passé le temps du silence, c'est peut-être de révéler d'autant mieux son identité, au fur et à mesure qu'elle se découvre, qu'elle laisse apparaître l'altérité qu'elle voile.
Jean Burgos


Qu'on ne se fie donc pas à l'apparente "discrétion" de la peinture de Tonia Cariffa, elle est de celles qui, trompeuses, insinueuses, brûlent d'un désir fou. Unique et pourtant innombrable, une telle peinture est innommable, tant de vraie vie fuit la désignation, l"assignation. N'a-t-on pas toujours lu les augures dans un nuage qui passe ? Les brumes faites de terres de Tonia Cariffa seront toujours instables, entre passé et avenir, entre terre et ciel, elles ne sont pas du bon côté, celui auquel on nous persuade d'appartenir, mais de l'autre, celui de l'amour.
Jean-Louis Pradel
Née à Chambéry, Tonia Cariffa entre à 18 ans au cours particulier de Charles Dullin à Paris, où elle rencontre Jean-Paul Sartre, Jean-Louis Barrault, Madeleine Renaud. ?Avec la décentralisation culturelle, elle fait partie de la troupe de Jean Dasté à Grenoble, en compagnie d'autres comédiens dont Jacques Lecoq, Hubert Deschamp, Julien Verdier... ?Son talent de comédienne est remarqué par la critique, notamment dans La Fille Folle, une pièce qu'elle a elle-même écrite.
En 1947, elle quitte cependant le monde du théâtre pour se consacrer à sa véritable passion, la peinture. Elle entre à l'atelier Fernand Léger, alors installé à Montrouge, pour y apprendre le dessin et la composition, en compagnie d'Etienne Hajdu, Charles Maussion, Vera Pagava... ?Prenant d'abord pour sujet les espaces structurés - lignes de chemin de fer, pylônes électriques -, elle chemine peu à peu vers l'abstraction .
Dès 1950, elle participe à de nombreuses expositions collectives (Zurich, Lausanne, Californie Alexander's, Tokyo et Kyoto, Stockholm...) ou personnelles. ??Elle illustre des oeuvres de Marguerite Yourcenar, de Julien Gracq, de Robert Ganzo. ?Sa peinture est reconnue par de nombreux critiques et hommes de lettres, parmi lesquels Max-Pol Fouchet, Jean-Michel Maulpoix, Frédéric Tristan ...
Tonia Cariffa continue son exploration picturale dans son atelier du XVe arrondissement.