NALLARD Louis

Peinture
Né(e) en :1918-2016
Galerie Jeanne Bucher
53, rue de Seine
75006 Paris
Tél. 33 (0)1 44 41 69 65
jeannebucher@wanadoo.fr

"L'écorché" - 1991 - Huile sur toile 160x180 cm (©Fouillot)

Roger van Gindertaël

NALLARD, LE CHANT DE LA TERRE

La peinture de Nallard oppose, impertubablement, sa fermeté à toutes les désorientations que l'art connaît depuis quelque temps. Vingt ans durant déjà, Nallard a maintenu dans une ligne continue, sans virage ni repentir, le développement d'une œuvre profondément enracinée dans ses expériences vitales et que, même à ses débuts, l'antinomie entre la figuration et la non-figuration n'avait pu longtemps affecter. Ce dépassement des concepts contradictoires a mis très vite en situation exemplaire l'ouvre pictural de Nallard dont la réalité imprégnait la substance sans donner, pour autant, d'autres signes de reconnaissance que la vérité des accents de lumière ou d'ombre, de chaud ou de froid, de gras ou de sec, et la rigueur des structures et des rythmes ressentis au contact de la terre. Terrestre, terrienne, en effet, est la peinture de Nallard, peinture naturelle donc, qui s'établit entre ces éléments à plus d'amplitude, il est remarquable surtout que la liberté d'invention s'y manifeste avec plus de vigueur et s'affirme dans le déchaînement d'une écriture convulsive parfois, tandis que la composition générale prend de nouvelles dimensions magistrales. On voit aussi que, d'une toile à l'autre, sans que jamais l'unité fondamentale de l'ouvre se rompe, les themes se diversifient en se précisant et que leur résonance s'enrichit, tour à tour simultanément déchirante et harmonieuse. Il semble que Nallard exprime ses sentiments avec moins de retenue et atteint maintenant au plus intime de son expression...

extrait de "La Galerie des Arts" N° 42 Paris mars 1967


ENTRE LUMIERE ET MEMOIRE

Vivre avec une toile de Louis Nallard, c'est toute une aventure.

Il ne suffit pas d'entrer dans cette œuvre si pudique qu'elle refuse parfois de se découvrir au premier regard.

Lorsqu'on s'y trouve, il faut accomplir tout un itinéraire.

Quand il ne peint pas sur papier, mais sur toile, Nallard travaille avec une lenteur qui se compte souvent par années, d'un pas d'homme des prés et des bois attentif tout autant aux frémissements et aux souffles qu'aux grandes lignes qui guident sa démarche.

Loin de s'y opposer ou de la nier, l'artiste compose avec-cette durée et l'intègre à ses compositions de telle sorte qu'on ne saurait ensuite les dissocier.

Nallard aime cette pesanteur, cette vérité. Il aime les bruns, les verts et cette "terre pourrie" dont il tire sa gamme de gris. Ils conviennent à son jansénisme.

Nallard se veut un peintre de tradition et de la plus haute tradition. Ne lui demandons pas d'être ce qu'il n'est pas, un novateur, un faiseur de modes. La vie consiste à trouver sa place. Cette place, il l'a choisie, il s'y tient. A partir de cette position, il ne tend plus qu'à dire encore plus simplement ce qu'il exprime aujourd'hui.

Youri

extrait de "Entre lumière et mémoire" par Youri, catalogue de l'exposition Louis Nallard à la Galerie Jeanne-Bucher en mai-juin 1988
Louis Nallard - Maria Manton
"La peinture et la vie"
Dialogue avec Djilali Kadid au éditions MARSA
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