BRANCHET Jean

Peinture
Né(e) en :1934
Nationalité :France
25, rue du Calvaire de Grillaud
44100 Nantes
Tél. 02 40 73 82 40
convergence-branchet@orange.fr

"Canthor I"(99/1) - Acryl/toile/bois 150x150 cm

MON GEOMETRISME

Mes tableaux, sculptures et reliefs sont issus, la plupart du temps, de petits dessins tracés rapidement, sous l'impulsion du moment et sans idée préconçue. Réalisés dans l'atelier, le jardin, dans l'avion, le train ou une chambre d'hôtel au cours d'un voyage, à la suite d'une lecture, souvent elle-même relative à la narration d'un voyage (le récit des explorateurs et grands voyageurs du XIX° siècle), ils constituent une sorte de carnets de voyages dans l'imaginaire. Depuis plusieurs années j'utilise l'ordinateur pour dessiner et peindre des projets de réalisations futures. J'ai donné le nom d'"ordigraphie" à ce type de création. Cet instrument est tout à fait adapté à mon style de recherche : formes géométriques, a-plats de couleur, combinaisons multiples, intégrations de plusieurs projets dans une composition unique… Si la rapidité d'exécution et les possibilités d'expérience sont infiniment plus développées les phases du processus créatif sont exactement les mêmes.


A partir d'un premier essai je décline, tout aussi rapidement, plusieurs variantes. Ces dessins ou ordigraphies "mûrissent" quelque temps. Puis, le moment venu, je détermine celui ou celle que je pourrais bien utiliser pour une nouvelle toile, relief ou sculpture. Je recherche alors les "lois", non voulues mais bien présentes, qui ont déterminé leur conception. Alors, la première phase du travail commence, la plus importante: la réalisation du dessin sur la toile ou tout autre support choisi, la découpe des pièces qui constitueront le relief ou la sculpture. J'interprète le schéma initial, je reporte ce que j'en retiens, je modifie la première ébauche. Je laisse mûrir à nouveau la composition jusqu'à ce qu'elle s'impose définitivement à moi.

Alliance de la rigueur et du hasard, de la rationalité et de la sensibilité, l'art construit a finalement toujours existé. C'est lui qui, de tous les temps, a constitué la structure des œuvres d'art dont l'"habillage", réaliste, abstrait, décoratif ou autre, a varié au cours des siècles et des civilisations. Mais si la construction permet de comprendre les raisons de l'équilibre atteint par telle ou telle oeuvre, elle n'explique certainement pas pourquoi une sensation de bien-être ou de malaise peut saisir le regardeur, aussi bien structurée et réalisée soit-elle, qu'elle soit contemporaine ou ancienne. Regardez les oeuvres remarquablement construites et peintes du Lorrain, grand artiste du XVII° siècle. Leur beauté, la lumière intemporelle qui irradie ses ports, la sensation d'infini et de nostalgie qui s'en dégage vous émeuvent au plus profond de vous-même, mais certainement pas au niveau du cerveau raisonnant. Alliance magnifique de la lumière et de la géométrie ! De la sensibilté et de la rationalité !

La structure de mes toiles achevée, il faut l'habiller, lui donner une "sonorité", comme pour les oeuvres musicales où le choix des instruments qui les interprétent leur donnent un univers sonore et une lumière spécifiques. Selon le moment, la saison, le besoin de changer de registre, une composition sera peinte dans une tonalité rouge ou ocre, bleue ou violette, grise ou blanche. Ce sera ou bien un jaillissement de cuivres ponctué par des éclairs de cymbales, de tambours et de caisses, ou bien la plénitude du chant des violons et des altos, la chaleur des hautbois, la clarté de la clarinette, le cristal de la flûte. Ce sera la profondeur, le mystère des violoncelles et des contre-basses. J'aimerais réaliser une symphonie de couleurs. Mais depuis quelques années, avec l'apparition des reliefs, ma "palette" s'est réduite à quelques couleurs élémentaires, blanc, noir, rouge et violet.

Sans structure le monde s'effondre. Mais la couleur c'est la vie.

Les surfaces colorées des tableaux sont délimitées par un trait régulier, le plus souvent noir. Le dessin initial réapparaît, plus fort, plus évident. Les différents plans constituent une perspective "atmosphérique" de type oriental donnant l'illusion d'une création dans l'espace.

Comme je l'ai déjà dit, ma géométrie est certainement spatiale. Des plans différents sont mis en relation à travers un jeu de surfaces-volumes se chevauchant, s'emboîtant, passant les uns à travers les autres, les uns derrière les autres. Les espaces ainsi délimités de cette perspective "frontale" sont accentués par le jeu des couleurs et des dégradés. Certains y distinguent des parties d'architectures, des vues partielles de machines indéterminées, d'autres des réseaux incompréhensibles de canalisations, d'autres des totems... En ce qui me concerne, j'ai tout simplement cherché à réaliser une structure peinte, aussi équilibrée, aussi plastique que possible, tirant son existence, sa présence que d'elle-même.

En ce qui concerne mes sculptures et reliefs je procède d'une façon semblable. La construction se réalise en fonction de dessins préalables, de l'intuition du moment, des matériaux disponibles, de leur forme, de leurs dimensions, de l'équilibre et des rapports qui, progressivement, s'installent entre les pièces constitutives. Puis, je les assemble, les ponce et peins jusqu'au résultat désiré. La plupart du temps les reliefs et sculptures sont à dominante blanche ou noire avec une ponctuation - cercle ou bande - de rouge lumineux. La lumiére qui frappe l'œuvre lui donne vie grâce à sa réflexion sur les bords et surfaces.

Depuis plusieurs années j'utilise également l'ordinateur pour créer des compositions spatiales animées. Ainsi des œuvres plastiques à trois dimensions se déplacent dans un espace virtuel. Elles vivent, bougent, "palpitent", modulations de couleurs et de lumières faisant vibrer les surfaces. Une composition musicale, également réalisée en ordinateur, apporte à ce monde animé l'environnement sonore complémentaire. J'ai baptisé "spaciographies" ces réalisations. Véritables créations spaciales elles peuvent être considérées comme des tableaux cinétiques sonores, regardables à la demande sur ordinateur, sur un espace numérique mural ou être projetées sur grand écran.

Mes peintures, sculptures, reliefs, animations virtuelles, ma musique ont des titres, un nom, comme chacun d'entre-nous. Je pense que leur réalité est d'autant plus forte qu'il est possible de les désigner par un nom qui leur appartienne en propre. Il n'est pas indifférent de parler de Monsieur X ou de Madame Y. D'où viennent ces titres? Ils sont souvent purement inventés, en général par série. Je choisis dans la liste celui qui me semble le plus approprié à l'oeuvre réalisée ou celui qui correspond le mieux à l'état d'esprit du moment. Quelquefois, ils se rapportent au lieu où le dessin a été fait, comme Samarcande, Khiva, Hong-Kong, Shantou, Grenoble, Tronoën, Praha, Québec... ou encore à des noms de constellation. J'aime lire les récits des grands explorateurs du siècle passé. C'est une façon de pénétrer dans un réel-imaginaire étonnant. Récits d'actions si proches de nous et tellement perdues dans le passé de la mémoire. Quand un nom de lieu, de ville, de région me plaît je le retiens pour en baptiser une oeuvre future. Autre imaginaire qui nous a tous bercés, et qui m'intéresse particulièrement, la mythologie, surtout grecque et égyptienne. Tous ces dieux et déesses qui peuplaient l'Olympe, tous ces monstres et héros aux histoires compliquées et fantastiques, ces mythes que les civilisations antiques ont su créer. Je dresse des listes de personnages, de lieux, et je les utilise. Une série de peintures ou de sculptures peut porter les noms attachés à tel ou tel dieu ou héros. Ce sera, par exemple, le cycle de Prométhée. En fait, je crée des individualités consignées dans un régistre d'état-civil que je m'applique à tenir.


Que dire après tous ces commentaires purement formels? Ils ne donnent finalement aucune explication quant à l'essence même de l'Art, au mystère de la création qui, lui, appartient à un autre ordre de valeurs, bien inexplicable par quiconque et en particulier par l'artiste lui-même.


Jean BRANCHET (Nantes, 2002)


Né le 14 novembre 1934 à Lons-le-Saunier (France)
Vit et travaille à Nantes (France)

Sa famille s'installe à Toulouse en 1939, ville où se dérouleront son enfance et son adolescence. Etudes secondaires scientifiques et techniques. Premières tentatives de peinture avec, en particulier, les conseils d'un artiste espagnol réfugié en France.

Arrivé en 1953 à Paris, il poursuit des études techniques à l'Ecole des Télécommunications, puis de Droit et de Sciences Economiques à la Sorbonne. Découverte de l'art contemporain dans les Salons parisiens, en particulier, celui des Réalités Nouvelles. Fréquentation assidue du Musée du Louvre, du Musée National d'Art Moderne et des galeries du quartier Saint-Germain. Pratique la guitare classique pendant plusieurs années. Suit épisodiquement les cours de modèle vivant à l'Académie de la Grande Chaumière.

Economiste, organisateur et financier de sociétés multinationales, il mène parallèlement une oeuvre plastique personnelle qui, depuis le début des années soixante-dix, s'inscrit résolument dans le sillage du mouvement constructiviste. Des voyages privés et ceux occasionnés par l'exercice de sa profession l'ont conduit à faire de fréquents déplacements à l'étranger lui fournissant ainsi l'occasion de visiter un grand nombre de musées.

A animé avec son épouse, de 1975 à 2000, la Galerie Convergence de Nantes, galerie ayant présenté un large éventail d'artistes significatifs de la plupart des grands mouvements artistiques apparus après la Seconde guerre mondiale.

Expose régulièrement à Paris, depuis 1992, au Salon des "Réalités Nouvelles" et, depuis 1993, à celui des "Grands et Jeunes d'aujourd'hui". Participe aux manifestations du groupe MADI à partir de 1995 ( en particulier, en 1996, au Centro de Exposiciones y Congresos de Saragosse et, en 1997, au Centro de Arte Reina Sofia à Madrid et au Museo Extremeno de Arte Contemporaneo de Badaroz).

Premières expositions personnelles à Nantes, en 1995, à la Galerie Convergence, et à Paris, en 1996, à la Galerie Claude Dorval.




EXPOSITIONS



Salon des Réalités Nouvelles (Paris) 1992 à 2002
Salon Grands et Jeunes d'aujourd'hui (Paris) 1993 à 2004
Congrès du Mouvement pour la Paix (Montluçon) 1994
Mouvement MADI (Longjumeau) 1995
Galerie Claude Dorval (Salon intern. d'art contemp. Strasbourg) 1995
Art sur la ville (Longjumeau) 1995
Galerie Convergence (Nantes) exposition personnelle 1995
Galerie Claude Dorval (Paris) exposition personnelle 1996
Centro de exposiciones y congresos « MADI internacional »
(Zaragossa - Espagne) 1996
Arte Struktura « L'Arte costruisce l'Europa » (Trieste - Italie) 1996
Mouvement de la Paix/UNESCO « Pour une culture de la Paix » (Paris) 1997
Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofia « Arte MADI » (Madrid - Espagne) 1997
L'Art dans la Cité « Abstraction-Intégration I)
(exposition itinérante dans l'Essonne-France) 1997
Comune di San Remo - Regione Liguria « Nuova visualita
internazionale » (San Remo - Italie) 1997
Museo Extremeno e Iberoamericano de Arte contemporaneo
« Arte MADI » (Badaroz - Espagne) 1997
Galerie Convergence (Nantes) exposition personnelle 1998
Young Museum "Nuova Visualita Internazionale " (Revere-Italie) 1998
Musée d'Art "Festival Euro-MADI" (Györ - Hongrie) 1998
Villa Campolieto "Movimento arte madi" (Ercolano Naples) 1998
Musée de Castelnuovo "MADI" (Naples - Italie) 1998
Young Museum "MADI" (Revere - Italie) 1998
Espace Sculfort "MADI" (Maubeuge) 1998
Château de la Groulais "Hommage de Madi à Gorin" (Blain-France) 1999
Civica Galleria d'Arte Moderna "Da Madi a Madi (1946-1999)" (Galaratte-Italie) 1999
Palazzo Reale di Portici "Arte Madi" (Naples - Italie) 2000
Château de Morsang-sur-Orge « MADI l'art géométrique »
(Morsang-sur-Orge - France) 2000
Mondriaanhuis « Mondiale echo's - an overview of international
abstract-geometric art » (Amersfoort - Hollande) 2000
« Jean Branchet » - Centre Culturel Athanor (Guérande-France)
exposition personnelle 2001
« Passion - Création » - Château de la Groulais (Blain-France)
exposition personnelle 2001
« Arte MADI - Freie Geometrie » - Galerie Emilia Suciu (Ettlingen-Allemagne) 2001
« Nuova Visualita Internazionale » - Forum Omegna (Omegna - Italie) 2001
« Madi » - Bätsmanskasernen (Karlskrona Kommun - Suède) 2001
« Jean Branchet » Maison de l'Avocat (Nantes - France) 2003
« Jean Branchet » Galerie Orion (Paris) 2004


COLLECTIONS PERMANENTES


Artothèque - Nantes (France)
Associazione culturale Arte struktura - Milan (Italie)
Civica Galleria d'Arte Moderna - Gallarate (Italie)
Fondation internationale MADI - Budapest (Hongrie)
Mondriaanhuis - Amersfoort (Hollande)
Museo monografico d'arte contemporanea - Polaveno (ITALIE)
Musée MADI - La Plata (Argentine)


COMMANDES PUBLIQUES

Château de La Groulais - Blain (France) sculpture monumentale