ZIVY Jacques

Sculpture
Né(e) en :1928-2017
Nationalité :France
17, villa Santos Dumont
75015 Paris
Tél. 01 42 50 60 32

Sans titre - 2012 - Taille directe sur pierre d'Euville 61,5x58x29

Les pierres sculptées par Jacques Zivy ne comportent jamais de trous, de perforations ou de quelconques « passages » comme il y en a dans tant d'autres œuvres, de Michel-Ange à Moore ou de Rodin à Giacometti. Non : chez Zivy, du plein et rien que du plein. Pas de jeu entre le plein et le vide. Certes, il y a plis et conséquences des plénitudes. Une « logique du plein » ? Si l'on veut. En réalité, plus qu'une logique, c'est une esthétique.

Qu'est-ce que le plein ? Et d'où vient-il ? Quand on détache du rocher une pierre, elle est généralement d'un seul bloc ; il est rare que des bulles y soient encloses. Mais ce plein du départ n'est qu'une donnée brute, née de phénomènes géologiques, et qui ne se fait pas valoir comme plein. A cette exploration, puis à cette démonstration va se consacrer Zivy. Il entreprend de chercher ce qui peut se passer quand un plein, alors que son grain, sa couleur, sa taille, son poids reculent au second plan, tant à n'exprimer que sa propre plénitude. Il se passe bien des choses que Zivy cherche, puis montre : par exemple, que le plein n'est pas forcément massif, compact. Il peut être ailé, ou aplati, ou rebondi, basculé, éclaté, svelte, oblong, éclaté aussi bien que dodu, aérien aussi bien que pesant. Lorsque Zivy invoque la « force interne » qui donnerait à la pierre ses formes, comme la vie végétale donne à l'arbre son tronc et ses branches, il sait bien que la formation des roches obéit à de tout autres processus. Cette force interne n'existe pas dans la nature. Mais elle agit dans la sculpture. Bref, elle est imaginaire, et à ce titre elle est créatrice, elle développe toute une poésie. Ce qui « sculpte » ici, ce n'est pas le plein c'est l'idée du plein.

L'une des conséquences de ce principe est que l'on peut, que l'on doit faire le tour des œuvres. Le plein est plein de tous les côtés. Il n'est pas adossé, comme le sont peinture et bas-relief, à quelque troisième dimension abolie par convention, même si on tente de l'exprimer. Si une partie du public croit que la sculpture exclut le mouvement réel du corps, il faut le pousser à se déplacer. Zivy a souvent une tactique qui présente une face de l'œuvre qui intrigue et pousse à aller voir ce qui se passe de l'autre côté. On rencontre alors d'étranges symétries ou tel détail d'une face semble rappeler celui d'une autre face, mais sans jamais le reproduire. En variant autour du thème.

On peut tourner autour du Balzac de Rodin, ou de l'Héraclès archer de Bourdelle, mais on ne les voit jamais d'en haut. Même le Moïse de Michel-Ange. Les Zivy, on peut les regarder par en dessus. On peut même parfois regretter qu'il existe un haut et un bas, une pesanteur, donc une face inaccessible, invisible, bien que ces exigences physiques donnent aussi sa signification à toute l'œuvre. S'y ajoutera le problème de la lumière, chaque œuvre pouvant changer d'aspect et d'expression selon la face dont la lumière s'y accrochera.

Tout cela - et bien d'autres choses encore - rend complexe, riche, problématique une œuvre qui semble au départ se donner pour toute simple. Provocation ? En tout cas ironie à montrer des « cailloux » comme s'ils sortaient de quelque latomie mythologique, données absurdes, imprévisibles et improbables. Et puis ces œuvres m'obligent à changer mon regard, à prendre le temps de retrouver le processus mental qui a disposé du volume, du pli de l'arête de l'empilement des rondeurs. Le simple se révèle complexe subtil, pensé et repensé. Le point de départ s'avère aboutissement. La prétendue météorite acquiert se dignité d'œuvre humaine. Un sculpteur est passé par là.

Olivier Revault d'Allonnes
Jacques ZIVY, né le 27 septembre 1928 à Paris

A partir de 1955 a travaillé dans son atelier avec le sculpteur Maxim Adam-Tessier


- 1960 et 1961 -

- 1976 -


- 1978 -

- 1979 -


- 1982 -

- 1994 -


- 1997 -

- 1998 -


- 2001 -

- 1976 à 2005 -

Salon de la jeune sculpture au musée Rodin

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