ZACK Irène

Sculpture
Né(e) en :1918-2013
Nationalité :France
Contact : Jean-Daniel Zack
9, rue Marguerin
75014 Paris
GSM : 06 07 02 64 19
jean-daniel.zack@wanadoo.fr

Bourgogne - 2003 - Calcaire 36x17x14

Née en Russie en 1918, fille du peintre Léon Zack,, vit à Paris depuis 1924 où elle poursuit une oeuvre de sculpteur à partir de 1956

Notes d'Atelier

A propos de sculpture, il faudrait parler du toucher, si important, de la lumière, des rythmes du terrain dans les paysages, et surtout de la danse.
La danse, fondement, origine, art parallèle à la sculpture. Pesanteur vaincue par l'élan dans l'espace, élan qui retombe au point précis permettant un nouvel envol. Équilibre instable, si fragile, qui oscille entre le mouvement et l'immobilité, et qu'un rien imperceptible peut rompre à tout moment.
Il faut que tout vienne de l'intérieur, que ce soit comme une poussée du noyau central, poussée contenue par une résistance extérieure. Ces deux mouvements antagonistes se combattent, à la limite de la matière et de l'espace, et c'est l'équilibre entre les deux qu'il faut arriver à trouver. On pourrait peut-être dire que l'espace est une matière compacte comme la pierre (ou le marbre), ce sont deux forces égales qui luttent. Mais c'est la pierre, noyau central, point infime dans l'espace, c'est la pierre qui l'emporte par sa seule présence. Pierre que sans cesse je modifie; j'efface une arête pour la remettre ailleurs, je creuse un sillon que demain sans doute je ferais disparaître, et surtout j'élimine tout détail inutile.
La pierre, enfin réduite à sa nudité, se met à chanter "Ça" chante. Est-ce la sculpture qui chante ou bien ce chant surgit-il en moi-même ? Je ne sais mais c'est le signe infaillible qu'elle est terminée.
Irène Zack

Pierre Cabanne mars 1987
La sculpture d'Irène Zack est abstraite, donc libre, issue de l'Imagination et de la pensée, mais elle est également concrète par l'emploi de matériaux liés à la nature, à la lumière, à l'air, la pierre, le marbre et le bois. Son oeuvre est intimiste par ses dimensions, qui ne sont jamais monumentales même lorsque ses sculptures s'intègrent à 1'architecture ; elle est surtout tactile car elle appelle la caresse de la main. Elle est calme, pure et silencieuse, sans le moindre mouvement désordonné, sensuelle, simplifiée à 1'extrême, et confrontant les parties lisses à celles que le ciseau griffe ou laboure. Elle est spiritualiste par ce qu'elle contient d'intériorité réfléchie, de mystère et de poésie.



Pierre Bazin 1988

Il existe deux catégories de sculpteurs dans l'acceptation traditionnelle du terme : Les modeleurs agissent par ajouts successifs. Partant d'une armature squelettique ils amènent progressivement le volume à sa plénitude. Les sculpteurs en taille directe dans une opération inverse vont à la découverte de la forme contenue dans un bloc non pas informe mais brut. Comme on ôte une gangue, ils retranchent peu à peu l'inutile. Pratiquant la taille directe, Irène Zack ne se contente pas de "dégager la forme". Son travail n'est pas celui du praticien. Bien plus que le résultat d'épannelages successifs, il constitue le témoignage d'un souci constant d'exploitation du matériau.
La pierre calcaire, les marbres, les bois, elle entre en correspondance étroite avec leurs textures : le fil, la fibre, les cristaux.
La sculpture finalement précisée est bien la conclusion d'un dialogue à l'intérieur duquel s'établit un équilibre entre l'inertie structurée et la dynamique du geste qui commande l'outil.
La pensée impose une forme à la matière ? Au moins autant, la matière donne sa chair à la pensée.
«Je ne sais pas comment j'arrive à déplacer ces blocs de marbre ou de pierre que je travaille, c'est très lourd ! Et quand j'ai fini cela me paraît incomparablement plus lourd encore» dit Irène Zack avec un sourire où passe une lueur d'étonnement.
Elle regarde ses sculptures avec un apparent détachement un peu comme si elles avaient été seulement révélées par son intermédiaire ; si par leur poids, hors de proportion avec ses forces physiques elles gardaient une part de leur autonomie ; si détentrices de ses secrets, elles les avaient finalement absorbés, se refermant sur eux.
Il me semble voir dans ce détachement là une de ces manifestations rares du véritable amour créateur, celui qui sait donner mais ne possède pas.
Allons nous étonner après cela que chaque sculpture d'Irène Zack, bien que travaillée de l'extérieur, soit expression de plénitude.
Le poli, le bouchardé, la ride d'un trait gravé, renvoient ou accrochent la lumière mais chaque accident de la surface est parti intégrante de l'épiderme frémissant qui recouvre la pureté des volumes.
Réservoirs de forces.
Principales expositions :

Institut français, Cologne et Berlin, 1966
Musée Galliera, Paris, 1970
Musée des beaux-arts, Abbeville, 1971
Galerie Visconti, Paris, 1974, 1977, 1981
Galerie Protée, Toulouse, 1966, 1979, 1991
Galerie La Cité, Luxembourg, 1978
Galerie Lafranca, Locarno, Suisse, 1979
Galerie Cour Saint-Pierre, Genève, 1975
Galerie L’Entracte, Lausanne, 1982
Galerie "La Galerie", Paris 1985
Château-Musée d'e Dieppe, 1988
Musée d’Art et d’Histoire, Meudon, 1988
Galerie Protée, Toulouse 1991
Maison Mansart, Paris, 1999
Galerie Mireille Batut d'Haussy, Paris 1991 et 1993

Salons :
Réalités Nouvelles, Comparaisons, Jeune Sculpture, Salon de Mai

Œuvres dans des collections particulières et dans des musées français et étrangers.

Réalisations :
Mobilier liturgique pour des églises.
Dans des bâtiments scolaires : mosaïque de galets, (Toulouse)
Sculptures à Bonneville, Mérignac, Langon, Annecy.
Stèle à la mémoire des victimes du nazisme (Vanves, 1998)