LIOTÉ Denise

Peinture
Né(e) en :1925-2018
Nationalité :France
Contact : Galerie Gimpel & Muller
Tél. 01 77 16 06 01
info@gimpel-muller.com
http://www.denise-liote.com

Sans titre - 2010 - huile sur toile 60x60

« J'observe le travail de Denise Lioté depuis longtemps : il m'étonne toujours davantage. Chaque tableau terminé semble être un aboutissement. La conception du suivant ne doit pas être un recommencement.Certains artistes ne travaillent plus et attendent qu'une nouvelle forme s'impose à eux. Denise Lioté est parfois tentée d'agir ainsi, mais elle sait que l'arrêt peut être irréparable. Alors elle se résigne à une action plus lente. Elle cherche, elle tente, elle expérimente jusqu'à ce que le tableau suivant soit à la fois différent du précédent et en profonde continuité de pensée avec lui. »

Georges Coppel - DENISE LIOTÉ (éditions Gimpel-Müller, déc.2010)

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Denise Lioté, Impalpable lumière

"La peinture de Denise Lioté ne se laisse pas apprivoiser facilement. Il faut s'approcher, puis caresser du regard ce dépôt de lumière qui transfigure la toile en une moire, en une voûte céleste subitement transmuée. La lumière se fixe et, avec elle, les scintillements colorés du prisme solaire. Des nappes se superposent, inscrivant des flux colorés auxquels l'artiste parvient après un lent travail de couches picturales successives préalablement séchées. Les passages arrêtent les variations chromatiques. La sérénité est celle de l'attente induite par une quête poétique."

Lydia HARAMBOURG in " La Gazette de l'Hôtel Drouot " du 9 juin 2006.

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Notes d'atelier

"Lueurs saisies au vol, sitôt apparues, sitôt disparues.
Vibrations venues de loin, comme de près,
en nous autour de nous, à l'infini confondues.
Parfois s'accordant en trio, ou bien en duo,
l'une par l'autre se prolongeant
pour dessiner un chemin ondoyant,
escortées d'ombres légères.

Fusion magnétique à laquelle donner présence matérielle,
en se laissant porter par le flux et le reflux :
l'accompagner en demeurant dans le mouvement imprévisible de la lumière.
Sensation aérienne et indéfinissable d'un univers autre,
enveloppant la vie, la traversant, et l'éclairant peut-être"

Denise Lioté - 2001
Denise Lioté (1925-2018)


Abstraire m'a apporté un sentiment de libération et de jubilation. Pour moi l’abstraction a été plutôt une non-figuration à partir d’éléments naturels au début, qui dominent toujours plus intériorisés ensuite ; mais sans perdre la référence à des sensations visuelles. Denise Lioté




Née à Paris en 1925, Denise Lioté entre à 19 ans à l'Ecole des Beaux-Arts, puis à l'Ecole Nationale des Arts Décoratifs. Elle admire et étudie Cézanne. Interprète pour un journaliste américain, elle rencontre Bonnard, Léger, et visite les ateliers de Braque et de Pignon, découvrant un nouvel éventail de possibilités picturales. En 1955, elle découvre Vieira da Silva et Nicolas de Staël, et oriente alors ses recherches personnelles vers une expression figurative allusive sur le thème des villes et des chantiers de construction. Puis elle commence l'exploration des quatre éléments en commençant par l'eau, puis le feu qui allait l'entraîner à s'exprimer dans de grandes compositions. En 1961, elle éprouve la nécessité de reprendre contact avec des structures solides. Les racines et les souches d'arbres s'imposent à elle par leurs formes dramatiques. Elle expose à Paris, Bruxelles, Nancy, au Havre... En 1968, sa rencontre avec Léon Zack lui fait ressentir la nécessité de se libérer vers une grande ouverture picturale et spirituelle; peu à peu son univers s'éclaire…En 1970, c'est la découverte des grands espaces américains, avec des séjours à Montréal, puis New-York! Le peintre Julian Levi l'encourage dans sa nouvelle approche et l'invite à participer au Salon de l'American Academy of Arts. Exposition de groupe au Museum Cultural Center de New-York. Elle en revient avec des structures qui rappellent, mais de loin, celles des racines torturées, conférant plutôt à ses oeuvres une vie poétique mystérieuse, où quiétude, respiration, matière fluide, espaces fragmentés et vibrants s'installent peu à peu. La pensée et l'intuition poétique de l’œuvre de Bachelard s'ancrent également dans l'univers de Denise Lioté, restant jusqu'à ce jour une véritable source d'inspiration et de réflexion... les formes deviennent de moins en moins figuratives, évoquant parfois de vastes élans vers la lumière, des "envols". Période de méditation, approfondissement spirituel à partir de la peinture aux côtés de Vera Pagava, où les structures géométriques s'amorcent et se fondent avec des textures de plus en plus transparentes. Peinture en glacis... Depuis, après avoir apprivoisé les rapports intimes qui se profilent entre les plans, les lignes et les espaces courbes, Denise Lioté a choisi le chemin d'une liberté d'être et de pensée qui se joue des contraintes physiques, tout en se passionnant pour les questions primordiales de la vie et du cosmos, et se nourrissant d'écrits d'auteurs tels que Kandinsky, Reeves


Lydia Harambourg, historienne d’art, écrivait en 2006 :

" (…) une lumière dilatée qui creuse l’espace, pour un réel impalpable, une fausse monochromie, dont la fluidité introduit ses propres lois de réfraction. Face à cette surface frémissante, semblable à une houle sur laquelle l’intervention d’une gamme de rose, de bleu, ou d’ocre et de blanc introduit d’imperceptibles zones simultanées d’ombre et de clarté, notre oeil entreprend une exploration dans un moment de méditation intériorisée (…)"




« Nous savons que la lumière visible est composée de vibrations de différentes fréquences, dont certaines traversent la couche des nuages qui en absorbent d'autres. Ces vibrations lumineuses traversant le monde, ce sont elles qui habitent les toiles de Denise Lioté. L'artiste nous invite à nous émerveiller de la beauté de la lumière. Elle nous rappelle que « nous ne sommes qu'un peu de chaleur solaire emmagasinée, un souvenir de soleil, un peu de phosphore qui brûle dans les méninges du monde », comme dit Cézanne. (...) »  

Michel Ellenberger, Galerie Gimpel-Muller - 2010

Extrait de : DENISE LIOTÉ / Livre d'Art 84 pages / textes de G. Coppel et M. Ellenberger (années 2003-2010 / Edition : Galerie Gimpel & Müller - Déc 2010) 
avec reproductions des peintures et pastels de Denise Lioté.

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Texte dédicacé de Louise Warren
Sur l'exposition "Peintures, Pastels" - Galerie Mireille Batut d'Haussy - Paris, Juin 2006

"Une membrane extrèmement fine, claire et satinée, une peau capte et boit la lumière telle la surface d'une joue offerte à un éclairage serein, telle la matière de la méditation si je pouvais en composer le visage, le souffle. La chair de la création? On peut imaginer la peau du commencement puisque l'acte de créer renouvelle sans cesse les éclats du monde. Regarder cette série de tableaux de Denise Lioté, c'est voir en premier lieu une suite de ciels depuis la lumière de mon lac, l'hiver. Une lumière qui ne vient pas seulement du haut, mais aussi du bas, de la neige et de la glace. Tableaux dénués de langage visible, c'est à dire de traits, de hachures, de points, de lignes, de formes, de représentation. Ces oeuvres, libres de toute intention, dégagent toutes la même atmosphère, une même vibration, elles ne se distinguent l'une de l'autre que par des variations subtiles comme les éclats de la lumière du jour.
Elles ne disent pas pour autant l'effacement. Au contraire quand nous allons à elles, elle disent la présence de la peinture, son rituel, son accompagnement, les terminaisons nerveuses, l'évaporation lente de la pensée qui s'abandonne, toute à sa traversée."

Extrait de : Peintures, pastels, in La forme et le deuil. Archives du lac.
Montréal, l'Hexagone - 2008.

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"Denise Lioté poursuit une longue exploration intérieure et peint, à l'huile sur des toiles, les témoignages de ses éblouissements. Mais les lumières les plus lointaines ont des proximités secrètes: des souvenirs de rougeurs distantes s'approchent tout soudain et virent aux gris bleutés. Comme des expansions qui de loin correspondent, les signes, les valeurs, les couleurs se répondent.
Toute cette méditation sur les mystères de l'espace est contenue dans un simple rectangle de toile. Pour réussir ce prodige, il faut maîtriser la lumière et, pour que l'invention s'exprime, découvrir de nouvelles géométries. Elles fixent les points secrets où il faut murmurer le signe qui ouvre les portes de l'infini. Le regard s'envole, alors, vers les profondeurs"

Georges Coppel, L'œil du Griffon -1992.

Extrait de : Denise Lioté, paysagiste des espaces inconnus / Livre d'art 140 pages
par G. Coppel, A.Pizerra, G. Prévan (Édition: L'Oeil du Griffon –1991 + complément en 2004)
avec reproductions des peintures de Denise Lioté, serpentes accompagnées de citations et couverture illustrée.

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Parmi les textes et articles dédiés à la peinture de Denise Lioté, il convient également de citer ceux de Lydia Harambourg, Henry Galy-Carles, Gilles Plazy, et Jean-Marie Dunoyer.