CELLE Elisabeth

Photographie
Né(e) en :1959
Nationalité :France
8 bis, rue de l'Argonne
75019 Paris
GSM : 06 48 28 25 23
zaiate@gmail.com
http://www.elisabethcelle.com

Matière grise / Gray Matter - 2016 - Technique mixte - 50x50

Hybridation photo / graphique
Ma recherche gravite autour de la perception du paysage à travers un travail d'hybridation photo / graphique. La réflexion sur le travail en diptyque et triptyque a glissé vers la superposition et le désir de volume donnant naissance à un « objet photo / graphique » nommé l'effeuille temps.
Ce processus superpose des bribes de paysages travaillées comme une palette de matières premières picturales.

De quoi se constitue un paysage ? un contour, un horizon, des textures, des rapports d'échelle qui changent selon les points de vue...
La superposition des points de vue sur un même endroit, le feuilletage du macro au micro cherche à questionner la complexité et la singularité d'une perception :
Comment incorporons-nous un paysage quand nous le percevons ? Quelles zones communes partageons-nous et quelles sont celles qui nous sont singulières ? Comment se tissent ces multiples couches de vécu, mémoire et représentations ?

Nous percevons un feuilleté spatio-temporel coloré de nos expériences... nous percevons à travers le souvenir de nos souvenirs... les strates se superposent, se combinent, s'entrelacent pour former un assemblage unique qui contribue à faire monde.

Que restera-t-il au fil du temps de l'image perçue ? Des bribes, des brisures fondues ou tissées à d'autres images gardées en mémoire, à d'autres paysages digérés, éprouvés. Certains éléments persisteront et s'agrègeront à d'autres mémorisations créant des petits mondes stratifiés, des îlots mystérieusement conservés, qui ont été triés, répertoriés et émergeront à nouveau.

Percevoir nécessite une distance à l'objet qui fait également partie intégrante du travail de l'image via le traitement numérique. Si les pictorialistes cherchaient à se rapprocher d'un résultat simulant la peinture et l'eau forte, nous avons quant à nous à disposition des logiciels qui nous permettent non plus d'imiter mais d'inventer d'autres façons de peindre, dessiner, composer avec une nouvelle palette, celle des matières photographiques.
Dessin, collage, peinture, gravure ? L'objet réalisé navigue entre les mots et ne s'ancre au final à aucun d'eux.

Dans la toute dernière série, Les effacés, le travail s'épure autour de bribes, de fragments, de scories ; ce qui reste, s'accroche à la mémoire, les petits détails qui reviennent et s'incrustent d'une perception à l'autre ; de ces matières qui passent inaperçues au premier abord mais qui s'entêtent ; si l'on s'approche et prend le temps de déplacer le regard, lorsque l'on zoome sur une partie, qu'on la décentre, l'arrache à son contexte, elle se révèle évoquant dans son apparition le processus du développement argentique.

Tirage unique à encres pigmentaires sur films polyester transparents à haute densité
(140 mu) entre couches de calque et plexiglass.
Dimensions : 50 X 50 X 1,5 cm
Formée à Paris auprès de Carlo Werner au centre Jean Verdier, mon intérêt pour le dialogue des images et les frontières m'a conduit à travailler sur les diptyques, triptyques et superpositions. Je me concentre sur le développement d'un objet hybride : l'effeuille temps.
Cette hybridation photo / graphique existe depuis 2014 et a été exposée à Paris : Galerie La Ralentie, atelier RM, the Week End Galery, centre UMA et également lors de salons et festival à Dieppe, Paris et Arles.
J'ai également contribué en temps que photographe et journaliste à différents magazines de presse professionnelle dans le secteur de la beauté et la santé.