ericM

Photographie
Né(e) en :1961
Nationalité :France
13005 Marseille
GSM : +33 777 22 81 36
ericm.photography@free.fr
http://www.ericm-photography.net

Intemporalité 0x18065a03 -2015 -  Image photographiée directement sur capteur numérique / Nikon Df 50x75 (© ericM)

Le déclic, en photographie, se fait sous l'inspiration d'une vibration.

La lumière, naissant de l'obscurité, est chargée d’une énergie puissante ; la ressentant, elle vient flirter avec mon capteur qui en épouse les fines poussières interstellaires.

Les poses longues donnent à ces forces invisibles le temps d’écrire une courte histoire tout comme un haïku révèle par la simple force de ses mots l’abîme d’un monde éternel.

Je suis un autodidacte.

En 1968, à l’âge de 7 ans, mes premiers pas en photographie ont commencé avec une boîte noire Kodak 6x9 que m'avait confiée mon père. 
Ce jour fut mon premier déclic.
En 1984 la photographie devint ma passion et je fis l'acquisition d'un Nikon FM2 et d'un Nikon F3 ; cet énorme sacrifice financier était à la hauteur de mon engagement.
Mes choix esthétiques s’orientèrent essentiellement vers des compositions minimalistes et vers la photographie en noir et blanc.
Simultanément, je me formai au développement de l’image en laboratoire pour maîtriser tout le processus, de la prise de vue à l'épreuve finale.

L’apparition du numérique au début des années 90 marqua, pour moi comme pour beaucoup d'autres photographes, un moment de remise en question et d’interrogation.
Une pause s’imposait et cela me donna le temps de prendre du recul sur mon rapport à l'image et sur cette addiction à la photo qui m'avait envahi.
Dès lors, en 1994, j'arrêtai complètement la pratique de la photo, pensant même que cela serait définitif.

Curieusement, c'est pendant cette période de latence que j'ai le plus réfléchi à la photographie car, bien que privé de mon matériel, mon oeil continuait à composer des images.
Enfin débarrassé des contraintes qu'impose l'appareil photo, j'imaginais une photographie dont la fluidité pourrait conduire le regard au delà du cadre qui la délimite.

En 2002, lors d’un voyage à Trat en Thaïlande, je renouai à 41 ans avec l’émotion de tenir un appareil photo en mains.

La rencontre se fit avec un Pocket Instamatic Kodak jetable de 12 poses.
Ce fut douze grands moments d’émotion.
Seulement douze photos au cours d’un voyage, c'est retenir son souffle jusqu'à la fin.
J’appris ce jour-là à prendre le temps ; je compris que la photo est avant tout l'écoute de l'univers.

En 2003, je cédai à l’envie irrépressible de refaire de la photo et de réaliser les projets enfermés dans ma tête depuis ces années de virtualité.
C’est à partir de cette date que plusieurs séries seront réalisées ; Traversée de Nuit 2004, Bangkok_series 2004, HongKong_series 2005, Windows2oo5, Spirituelles odyssées.

Aujourd'hui, quel est mon rapport à la photographie ?
Je cherche par l’image à exprimer ce que l’on ne voit pas, ce qui est indicible.
Je tente de rendre visible cette dimension invisible qui nous entoure.
Je m'efforce de rendre perceptible ce temps qui passe imperceptiblement.
Evoquer par l'image, le mouvement et la suggestion des métaphores, restituer l’énergie ressentie comme une matière visuelle ; voilà ce qui m’attache à la photographie et qui en fait à mes yeux un espace de recherche infinie.