GASH Ross

Peinture
Né(e) en :1954
Nationalité :Australie
48, rue Saint Nicolas
91940 Gometz le Châtel
GSM : 06 37 67 49 43
rg3@rossgash.com
http://www.rossgash.com

Sparrow's Trance - 2017 - Acrylique & Huile sur Lin 142x114

La rencontre avec le travail de Ross Gash est une expérience physique. Le corps est plongé dans un bain lumineux, énergique, étourdi de formes naïves, figuratives ou abstraites.
Foisonnement urbain, déplacement du regard, éclaboussures de couleurs et de formes, Ross Gash réinterprète les choses qu’il a vues ou vécues dans la ville. Paris, New York, Londres, ou cité imaginaire. Emotions, rencontres, expériences sensorielles, graffitis, publicité, lumières… autant de traces dont Ross Gash traduit les empreintes mentales.
Son mapping est un processus de création global, générant des atmosphères différentes, des enclaves de souvenirs, dans un même ensemble. Le peintre australien déambule dans la surface de ses tableaux comme dans les artères d’une ville. Son pinceau se promène, ses mains le guident de façon automatique et aléatoire. Il construit au fur et à mesure de ses avancées sur la toile et travaille par sections, par quartiers. Au départ, il crée une surface agitée avec de l’acrylique. Puis il suit le rythme imprimé par la peinture à huile avec son temps de séchage. Dans la luxuriance des couleurs, il utilise notamment des fluos, tons synthétiques, reflétant les constructions artificielles contemporaines. S’il n’a finalement pas envie d’aller dans une direction, repentir, il efface en préservant quelques signes de ce passage, et reprend le voyage, jusqu’à ce que sa section soit terminée. Ainsi le mouvement d’édification se poursuit, les quartiers s’emboîtent et croissent de manière organique. Des formes schématiques de maison, d’animal, de visage ou des abstractions s’entremêlent.
Ross Gash cherche et élabore avec des pinceaux ou des bâtonnets à l’huile qui offrent un rapport très direct à la surface de la toile. Il aime le dessin, le cartoon, sa ligne est langage, écriture. Il recherche un trait naïf, brut, mû par une fragilité expressive et rejette les lignes assurées. Son néo-expressionnisme, dans sa libre figuration, convoque l’expérience perceptive. Sa peinture vibre. Pour le regardant, l’expérience s’apparente à une traversée à la Jarmusch, invitant à prendre le temps de la déambulation, à saisir les clés de la ville dans un vertige de formes.
Ross Gash trace des chemins, des ponts, des lignes de tram entre ses différents quartiers. Il crée des connections afin de brosser une polyphonie urbaine. Sa peinture est optimiste et agit par une accumulation de forces, de lignes graphiques et d’énergie. Elle immerge le spectateur dans les torsions de la ville irradiée de couleurs.
Ross Gash est venu en France pour voir les couleurs de Matisse. De l’Australie, il semble avoir apporté avec lui la magie des siennes et de son imaginaire nourri du spectacle foisonnant de la nature. Ses traits expressionnistes chapardant des jaunes et des bleus « vanghoghiens » composent un spectacle merveilleux et dense. L’infinie richesse des formes et des détails du règne végétal lui inspire un monde onirique, qu’il appelle ses « Jardins Luxuriants ».


Ses plantes extraordinaires s’accumulent entre des totems ou des troncs d’arbres blancs. Elles semblent stimulées par des essences, animées par des esprits, troublées par leur foisonnement et réveillées par leurs allés retours ; que de trajectoires, que de mouvement. On croit les entendre respirer, les plantes aussi possèdent une âme comme dans l’univers enchanté de l’artiste vosgien trop souvent oublié par les historiens d’art Jean Lurçot.


Au fil de années, son œuvre exubérante change. L’artiste attise ses rouges, et laisse respirer les verts et les noirs. Les étamines, le pollen, des formes étonnantes apparaissent évoquant le mystère qui entoure ses plantes, les secrets de leur reproduction, leur éclosion. Son trait noir et assuré serpente ou bien se fracture dans des couleurs franches et grasses.

Des spirales, des cercles, des ellipses, une multitude de formes irrégulières, des calligraphies fantasmagoriques rappelant les toiles surréalistes de Roberto Matta, les tourments de Basquiat mais surtout le tourbillon et l’énergie de la nature.


Il en prend goût, il en joue, il s’en délecte :Les rouges, les noirs, les roses, les jaunes, les verts, les violets, sont désormais posés par taches, par plages, par ravissement, par économie poétique, puis raturés. Ou bien, ils sont superposés tout en transparence, rien que pour eux-mêmes, emportés par la vitesse et au plaisir des rencontres. Ils sont traversés par des signes et par des écritures fulgurants. Des visages, des masques se confondent avec ses graphismes et avec ses végétaux.


Les couleurs acidifient leur teneur. Elles deviennent irréelles, stridentes à l’instar des teintes utilisées par les artistes du Street art. Ses œuvres se métamorphosent à nouveau. De plus en plus graphiques et signalétiques, des planimétries surprenantes remplacent la nature. Il lui arrive de suggérer de minuscules fenêtres, les formes charpentées des toits et la silhouette d’une cathédrale gothique. En multipliant ainsi les dispositions des contours il continue à encombrer les espaces construits à plats, garder le rythme et le mouvement. La ville avec ses quartiers tassés, ses rues, son cours d’eau, la ville abstraite géométrisée, poétisée, appropriée à son œil fouineur, à sa rêverie fourmille: « Mes peintures sont des scènes de théâtre qui se jouent dans un espace restreint ».