LOVRIC Mirko

Photographie
Né(e) en :1935-2013
Nationalité :Serbie
Contact : Mme Vlasta Jecmen LOVRIC
50, rue Lepic
75018 Paris
Tél. 01 42 58 80 37
grofmirko@gmail.com

Ligne Blanche - 2007 - photogramme 107x107

Hommage à MIRKO LOVRIC (1935 – 2013)

MÉTAPHOTOGRAPHIES DE MIRKO LOVRIC

C’est dans un contexte historique complexe, dans une posture où la photographie se montre tout à la fois moribonde et en expansion, emblème de la modernité et vestige du passé, outil scientifique et moyen d’expression artistique, au moment où elle prend de multiples visages, se dirige vers une hétérogénéité inéluctable, et s’impose désespérément aux photographes pour renouer, d’une autre manière, le lien avec la réalité, qu’on peut observer les photogrammes de Mirko Lovric. Résultant d’un long processus de maturation et d’une investigation passionnée sur les capacités créatives de la photographie, ils représentent d’une part le retour aux sources, une approche originelle de la photographie en tant qu’écriture de la lumière, et de l’autre part le dialogue avec le visible et la contemporanéité. Profondément investi dans les recherches visuelles, après une remarquable expérience photographique et plusieurs phases expérimentales où il cherchait à exploiter plusieurs pistes et ainsi élargir les possibilités de l’expression photographique, avec un œil imprégné de l’enseignement bauhausien, mais aussi ouvert sur certains aspects du surréalisme ou de l’op-art, Mirko Lovric retourne aux sources de la photographie à travers les photogrammes pour se pencher et s’interroger sur la nature même du médium et les limites créatives de l’art photographique à l’époque où cette discipline artistique prend une tournure décisive. On peut reconnaître dans son investissement, au-delà d’une certaine nostalgie de la noblesse et du sublime, d’une certaine idée du beau universel, un souci pour l’hygiène du regard, un rejet de « l’impureté » que la photographie actuelle a accumulée tout au long de son histoire. Dans le chaos informatique postmoderne, issu de la « révolution numérique », où les mutations médiatiques nous ont appris à vivre différemment, où nos perceptions et nos attentes ont été modifiées, dans une pollution généralisée, sous-produit de notre « bonne civilisation », qui menace non seulement l’environnement naturel mais aussi spirituel, intellectuel et visuel, dans un débordement, une saturation et une « inflation » d’informations, Mirko Lovric se lance à la recherche des premiers gestes créatifs de la lumière pure, de la simplicité de l’expression photographique, de l’humilité et de l’innocence que la photographie avait perdus depuis longtemps. Épurées et lucides, ces images font référence aux premières expériences photographiques audacieuses du Bauhaus, notamment de Moholy-Nagy, en faisant en même temps la révision et la critique de cette même esthétique, profondément ancrée dans nos habitudes et notre culture visuelle. Hanté par la curiosité et la persévérance du regard, Mirko Lovric espère découvrir, même si la part aléatoire de ces photogrammes n’est pas négligeable, de nouveaux paysages spirituels dans la modulation abondante du clair et de l’obscur. Ces photogrammes, en effet, ne se réfèrent pas à une réalité en dehors d’eux-mêmes. Il n’y a pas de temps arrêté ni de lieu défini. Eux-mêmes transcendent la banalité des objets référents et engagent le regard dans une course-poursuite spatio-temporelle omniprésente, dans une quête permanente du sens. L’espace et le temps se constituent et se définissent dans ces photogrammes, ils ne sont pas la représentation d’un espace ni d’un temps déjà existant. Les préparatifs ne sont que des échafaudages provisoires imaginés pour véhiculer la lumière et produire l’image souhaitée, ou pressentie, porteuse d’un sens autre que celui dont les choses inertes sont imprégnées. Ces référents ne sont, en effet, que le prétexte pour arriver à un métalangage qui finalement devient le seul vrai sujet de l’imagerie de Mirko Lovric. Ainsi, l’auteur s’impose, non pas comme un simple observateur du déjà existant, du déjà vu, mais comme le créateur d’un univers qui n’existe réellement que dans ces images, en reconnaissant ses profondes racines dans le subconscient et l’archétypal. Et c’est justement là où on peut parler d’un regard lucide, d’un œil qui pense, parce que Mirko Lovric prouve qu’il se reconnaît bien dans ces profondeurs riches et inépuisables au-dessous de la carapace du visible, dans les principes mêmes de l’existence et dans les forces qui animent notre âme et notre esprit. À travers ses photogrammes, Mirko Lovric prend conscience et nous rappelle les considérations cosmologiques et anthropologiques auxquelles la photographie avait aspiré et invité dès son apparition.
Milija Belic
Mirko Lovric est né le 26 mai 1935 à Lucinci, près de Slavonska Pozega en ex-Yougoslavie. Licencié de l’Ecole des Arts Appliqués, section photographie, à Zagreb en 1956. Diplômé d’Histoire de l’Art à l’Université de Belgrade en 1961. Pendant neuf ans de 1962 à 1971 il a été photographe reporteur pour le secrétariat présidentiel de Tito, puis dans les années 1980, a réalisé des documentaires pour la télévision serbe. Il est connu en France comme un des fondateurs du Centre National de la Photographie de Belgrade. Héritier des recherches formelles et conceptuelles du Bauhaus, après avoir travaillé sur des éclatements d’images - découpages verticaux de photographies et séparations des bandes, Mirko Lovric explore les hasards des reflets à partir de 1972. Les photos de Mirko Lovric gardent leur force expérimentale. Il réunit aussi bien des impressions de langage informatique que des gravures yougoslaves anciennes autour de la surface lisse d’une sphère métallique. Après avoir éclaté, il réunit. Le résultat de ses recherches fait de lui un acteur du mouvement « Optical Art ».
Photos de reflets numériques, traces de l’informatique balbutiante qui se reflète sur des boules de métal, d’abord au noir puis en couleurs avec des gris, des chiffres, des cartes perforées, des fragments architecturaux, qui font naître des villes décomposées, qui deviennent abstraction géométrique… La sphère rappelle la boule de cristal, messagère d’Avenir...
« En-spiralés » dans ces supports surface-reflets, ces tirages photographiques, sorte de mode de transport pour rendre le passé présent, ont, comme la boule de cristal, quelque chose de visionnaire.


Expositions personnelles :
1972 Belgrade, Salon du Musée des Arts Appliques, «Gigantographies »
Novi Sad, Centre culturel d’étudiants
Motovun, Galerie d’Art
1973 Belgrade, Galerie « Graficki kolektiv »
Valjevo, Musée National et Maison de JNA
1974 Skopje, Musée d’Art Contemporain
1979 Belgrade, Salon du Musée d’Art Contemporain, « Negatif – Positif »
1980 Vrnjacka Banja, Centre Culturel
Dubrovnik, Galerie « Marin Getaldic »
1984 Rouen, Centre d’Art Contemporain « A la recherches de l’espace inconnu »
1986 Paris, Studio Ethel
1987 Mantes-la-Jolie, Bibliothèque Georges Duhamel
1988 Sézanne, Galerie d’Art de l’ancien collège de Sézanne
1989 Varsovie, Warszawskie towarizstwo fotograficne
1998 Belgrade, Musée d’Art Contemporain, Rétrospective
2001 Belgrade, Galerie Haos, Lovric – Popovic, « Fobjekat »
2003 Belgrade, Musée des Arts Appliqués, « Introspection »
2004 Paris, Galerie W Photo
2005 Belgrade, Galerie « Artget »
Uzice, Galerie de la Ville
2007 Lazarevac, Galerie Moderne
Zrenjanin, Centre Culturel
2011 Piešt’any (Slovaquie), Maison d’Art, « Métaphotographies »


Expositions de groupe :

1967 Paris, Musée d’Art Moderne, Biennale des Jeunes
1973 Zagreb, Galerie d’Art Contemporain, « Rasponi 73 »
1975 Belgrade, Galerie du Centre Culturel, « Praoblik »
1978 Ljubljana, Galerie Moderne, « Grupa Junij »
Sarajevo, Colegium Artisticum
1991 Belgrade, Galerie SANU – MSU, « Photographie chez les Serbes 1839-1989 »
1995 Belgrade, Musée d’Art Contemporain, « Gledanje i vidjenje »
2003 Belgrade, Galerie RTS, Likovna kolonija RTS Zlatibor
2009 Cacak, Galerie Nadezda Petrovic, « Iskorak »
2010 Bratislava, Mois de la photo : « Novelles Photographies de Belgrade »
2011 Belgrade, Musée d’Art Appliqué, Salon de Mai
Belgrade, Centre Culturel, « Teme i motivi srpske fotografije 1960-1970 »
2012 Belgrade, Musée d’Art Appliqué, Salon de Mai


Prix

1973 Belgrade, Prix de Salon de Mai – « Experiment 5 »
1977 Belgrade, Prix de VIIIe Salon d’Octobre
1996 Belgrade, Prix ​​pour ensemble de sa carrière d’ULUPUDS
2002 Belgrade, Prix ​​pour ensemble de sa carrière du Centre National de la Photographie