PIERRE Emmanuel

Sculpture
Chez Corneau
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Ecce homo - 2018 - Sculpture taille directe bois 202x60x68

Mon travail d’artiste s’articule aujourd’hui autour de deux axes : la peinture et la sculpture.
La sculpture est mon premier véhicule, depuis 1998, et le bois, mon matériau de prédilection : j’ai trouvé dans ces vieilles pièces de charpentes (ou autres morceaux de bois qui ont un passé) des matrices « porteuses » de traces et de formes inédites, traces du temps et de la main de l’homme (failles, fentes, fissures, trous, clous, mortaises…) et très proches de l’arbre dont elles sont issues : c’est la base de mon langage formel et symbolique.
Le matériau est un véhicule destiné à faciliter la transmission d’une expression, d’une idée, d’une volonté ; les qualités des matières servent de support à un dépassement. Enlever de la matière pour remplir l’œuvre, la densifier, l’axer, la charger, et faire naitre ainsi une « présence ». Par la tension des lignes, par la plénitude des volumes, par l’espace dont elles font partie, le regard perd les repères anecdotiques pour ne plus considérer que l’œuvre dans sa composition, son rythme et son architecture.
La sculpture est comme un être vivant, un être en mouvement, la lumière la fait vivre de façon directe ou indirecte.
Mes sculptures sont calmes et équilibrées, procurant la simple satisfaction d’une présence agréable à vivre.

Mon œuvre est placée au centre des dualités humaines, homme/femme, masculin/féminin, père-mère/enfant, les couples et les facettes qui nous composent et que l’on fait ; il est également question de naissance, de re-naissance, d’amour, de sensualité et du temps qui passe. La Nature et la Vie dans ce qu’elle a de fondamental sont mes terrains de jeu.

Je travaille en taille directe, à l’œil et à l’instinct, ici et maintenant, et c’est comme un dialogue qui s’engage avec le matériau, un corps à corps /accord, ou deux boxeurs sur le ring de l’atelier, l’un immobile et de bois, l’autre dansant autour, tronçonneuse à la main, tel un pinceau, tantôt subtil et léger, tantôt violent et irrévocable. L’œuvre se fait ainsi chemin faisant, sans préméditation, à l’intuition. Et peu à peu, « ça » commence à prendre forme et à faire sens. Mon approche du matériau me fait jouer avec la masse et le léger, avec le lisse et la brut, contrastes et oppositions (esthétique proche du Wabi-Sabi japonais).
Ma sculpture est verticale, j’en assume son anthropomorphisme (Homme=Arbre) et j’aime à voir/avoir en face de moi, sous la main, cet « autre » à taille humaine, comme un écho, un miroir.

Je puisse mon inspiration dans la réalité, plutôt non-figuratif qu’abstrait : en cela je me sens dans la lignée des « artistes » de la préhistoire, de l’art premier, de l’art roman, des Cyclades à Brancusi, de Moore à Etienne-Martin, ou même Penone.
Une œuvre qui toucherait notre humanité originelle, primitive, au-delà des cultures et du temps. Une sculpture qui toucherait l’âme des gens.
Se compose ainsi, depuis plus de 15ans, une Œuvre : le travail insistant d’une pensée à l’intérieur d’un langage formel, une attention vivante et mobile au réel.