TOSTIVINT Daniel

Peinture
Né(e) en :1946
Nationalité :France
Lintevert
56480 Cleguerec
Tél. 02 97 38 00 95
GSM : 06 32 01 97 56
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XV.XVII - 2017 - MDF teinté en léger relief sur mélaminé laqué brillant 71x71 (© Daniel Tostivint)

Daniel Tostivint

L’élève – Les racines des mots sont-elles carrées ?
Le professeur – Carrées ou cubique, c’est selon.
Eugène Ionesco[1]

Daniel Tostivint est, depuis longtemps, engagé dans un long processus de simplification, d’épuration des formes. Ses premières compositions géométriques, en 1969, étaient exclusivement construites à partir de cercles et de courbes colorés. Petit à petit, les droites ont remplacé les courbes. Les carrés et les rectangles se sont substitués aux cercles. L’artiste semble désormais vouloir s’en tenir à cette forme, donnant ainsi tort au vieux proverbe créole antillais : « Quand on naît rond, on ne meurt pas carré. »[2] La couleur est devenue brillante, appliquée en aplats. Plus récemment, il a commencé à donner du relief à ses œuvres, de l’épaisseur à ses constructions géométriques, en collant sur leur surface de petits parallélépipèdes colorés dont les ombres portées génèrent des formes virtuelles et les couleurs créent de fascinantes interférences avec celles du fond.

Quand on évoque le carré dans l’art, on ne peut éviter d’évoquer Josef Albers et ses séries Hommage au carré. Les carrés de Daniel Tostivint se situent cependant aux antipodes de la démarche du professeur du Bauhaus et du Black Mountain College. Quand la méthode d’Albers consiste à varier les couleurs de façon scientifique autour d’un modèle géométrique prédéterminé, Tostivint, lui, récuse toute démarche rationnelle, tout systématisme, toute déclinaison d’un schéma préconçu, se fiant exclusivement à son intuition. Une intuition aiguisée, cependant, par des années d’expérimentations, d’essais et d’erreurs, de tentatives réitérées jusqu’à ce que le résultat satisfasse sa volonté d’équilibre des formes et des couleurs. Là où l’aîné joue sur une perspective illusionniste, le cadet la refuse et crée une troisième dimension par superposition de panneaux ayant leur propre épaisseur. Quand les textures d’Albers, avec leur grain et leur matité, s’inscrivent dans la longue tradition de la peinture classique, celles de Tostivint, glycérophtaliques brillantes, sans matérialité tactile, dénuées de tout accident, relèvent plutôt du monde de l’industrie, de l’automobile ou de l’électroménager. Enfin, quand le répertoire de couleurs du premier reste dans le domaine de la palette traditionnelle de la peinture, celle du second s’ouvre vers tout le spectre du nuancier Pantone, n’hésitant pas à convoquer des roses shocking ou des coloris appartenant à l’univers de la confiserie.

Si l’on observe avec attention l’évolution du travail de Daniel Tostivint sur la dernière décennie, on constate une lente évolution pour s’émanciper de la bidimensionnalité du support. Dans une première phase, les baguettes blanches qui encadraient ses tableaux s’intègrent à la composition, créant de petits reliefs. Vinrent ensuite des carrés ou des rectangles, dans des couleurs contrastées avec celles du fond, collées sur celui-ci. Au stade suivant, leur tranche se colore, générant des effets de réverbération chromatique et des halos lumineux qui accentuent la troisième dimension, pourtant matériellement limitée à moins d’un centimètre d’épaisseur. Les carrés rapportés prennent ensuite une légère inclinaison, comme s’il s’agissait de plaques tectoniques subissant une pression venant du centre du panneau. On peut aussi penser aux flaperons au bord des ailes d’un avion. Dans l’étape ultime – du moins pour le moment – les adjonctions sont perpendiculaires au plan principal, contribuant de toute leur largeur à la profondeur de la composition. On peut imaginer que, dans une étape prochaine, ces formes rapportées vont s’échapper de leur support mural pour devenir de véritables structures tridimensionnelles autonomes : des sculptures… L’artiste endosse donc les habits du professeur dans la pièce d’Ionesco… Ses racines, de carrées, sont devenues cubiques… Et nous, élèves, devons bien en convenir, même si cette idée nous rebute au premier abord.

On le voit, cette lente démarche d’appropriation de la troisième dimension se fait sans recours aux méthodes illusionnistes, que ce soit la perspective ou la théorie classique des couleurs. Daniel Tostivint s’autorise même à prendre le contrepied de la perspective chromatique qui voudrait que les plans les plus proches du spectateur soient traités dans des couleurs chaudes et les plus éloignés dans une palette de teintes froides. Ce n’est pas pour autant qu’il adopte la théorie opposée, développée par Charles Lapicque.[3]

La symétrie joue un rôle important dans les constructions de Daniel Tostivint. Qu’elle soit évidente ou plus complexe, elle ne laisse aucune place à l’accident, à l’improvisation, à une quelconque forme de lyrisme superficiel. La surface, impeccablement brillante, n’apporte aucune distraction pour l’œil. Il y a évidemment de l’artisan, chez notre artiste, dans sa volonté minutieuse, quasiment maniaque, de nous livrer des surfaces parfaites dont la qualité peut faire penser à la porcelaine, à la laque chinoise ou aux carrosseries automobiles. Même s’il sait que l’approche de Daniel Tostivint est essentiellement intuitive, l’observateur voudrait cependant deviner, derrière les agencements des plans, des règles occultes qui dicteraient les rythmes, les proportions des surfaces, la répartition des couleurs, leurs positions relatives, au sein d’une même composition ou d’une pièce à l’autre dans une série d’œuvres. Il essaie de comprendre, mais ses efforts sont mis en échec au moment même où il pense avoir saisi la logique sous-jacente, le forçant à creuser un peu plus son analyse de la logique compositionnelle, jusqu’à ce qu’il en identifie les règles, souvent simples mais pas immédiatement perceptibles. Il éprouve alors une évidente satisfaction, comme le cruciverbiste venant à bout d’une grille pleine d’embûches et de fausses pistes.

Louis Doucet, janvier 2016

[1] In La leçon.
[2] C’est aussi, si l’on reste dans le domaine de l’humour, une forme de refus de faire fortune car, faire des ronds avec des carrés, c’est… la quadrature du cercle…
[3] In La vision des couleurs et l’art pictural.
Ancien élève de l'école des Beaux Arts de Quimper
Diplôme National des Beaux Arts obtenu en 1971 avec un dossier composé uniquement de travaux Art Construit . Ma passion pour ce mode d'expression , qui date de cette époque , ne m'a jamais quitté .
2017 A Géométrie Variable Oasys Consultants PARIS
2017 Carrément 4 Espace Christiane Peugeot PARIS
2017 XXX ème concours Espace Christiane Peugeot PARIS
2016-2017 Douze mois de passion d'Annick et Louis DOUCET Galerie du Point Virgule LANGUEUX 22
2015- 2017 MAC PARIS Espace Champerret
depuis 2010 Salon des Réalités Nouvelles Parc Floral de PARIS
2015- 2016 111 des Arts PARIS
2016 Présence de l'Art Construit Espace Art Contemporain Café des Négociants NANTES
2016 25 ans d'Art dans les Chapelles Galerie Jean FOURNIER PARIS
2016 25 ans d'Art dans les Chapelles Galerie Les Bains Douches PONTIVY 56
2016 70 ans Réalités Nouvelles 2/4 Abstract Poject PARIS
2016 Aux Arts ! Etc PORDIC 22
depuis2008 Salon de la Société Lorientaise des Beaux Arts Palais des Congrés LORIENT 56
2014 2015Artout cour PLOUESCAT 29
2015 Casino de PLOUESCAT 29
2015 LANRODEC 22
2014 Galerie Nationale des Beaux Arts PEKIN (invitation Réalités Nouvelles structure )
2012 2016 Salon du Petit Format Galerie du Faouedic LORIENT
2013 Art dans les chapelles Saint Nicodème GUENIN 56
2013 Médiathèque de PLOUMAGOAR 22
2012 Galerie Grand E'terna PARIS Artistes de Réalités Nouvelles
2012 Menhir parade exposition itinérante art cotemporain en Côtes d'Armor
2011 2012 Le Dessus des Halles Espace d'Art Contemporain AUDIERNE 29
2005 2011 Biennale d'Art Vivant Contemporain SAINT BRIEUC 22
2011 Les 5 Ans de la Galerie ERQUY 22
2011 Médiathèque de LARMOR PLAGES 56

2010 Arts à la Pointe circuit d'art contemporain au Cap Sizun Pointe du Raz PLOZEVET 29
2010 Bretagne Terre des Arts Galerie du Faouedic LORIENT 562010 Le Tour des Arts MERLEVENEZ 56
2010 Galerie Pédagogique du Collège Guillevic PLOEUC SUR LIE 22
2009 Artouz mélangeurs d'Arts « cadrage et débordements » PONTIVY
2009 Galerie du Point Virgule LANGUEUX 22
2008 Son'ART Centre Culturel le Cap PLERIN 22
et.... bien avant sélection
1980 Biennale d'Art Contemporain BREST 29
1974 , 1976 , 1978 Biennales d'Art Contemporain SAINT BRIEUC 22
finaliste lors des 2 dernièreS éditions pour le prix de la Biennale
1975 Salon de l'Union des Arts Plastiques Bretagne LE GUILVINEC 29
artiste breton contemporain invité aux côtés de TISSERAND et FROMANGER

Exposition d'Artistes Contemporains Costarmoricains SARCELLES
Rencontres Bretagne Nivernais 10 artistes contemporains bretons NEVERS
FR3 BRETAGNE Prix LEDOUX TAZARTEZ RENNES
Musées de QUIMPER et de PONT AVEN 29

Expositions et animations en milieu scolaire de la maternelle à la terminale

Participe à un court métrage de Pierre LE FLAO pour FR3 BRETAGNE

Commandes publiques
1% écoles publiques PONTIVY Charles LANGLAIS PONTIVY 56 ,LE SOURN 56 , ROHAN 56
école maternelle QUINIVET PONTIVY 56
Centre Hospitalier PONTIVY 56 *
Entrée du Parc des Expositions PONTIVY *
*détruits lors de travaux