DE GOUYON MATIGNON Isabelle

Sculpture
Né(e) en :1964
Nationalité :France
27, rue George Sand
75016 Paris
GSM : 06 83 36 29 81
idgm24@yahoo.com
http://isabelledegouyonmatignon.com

20163 - 2016 - Acier inox brossé 36x26x25

Apparition - disparition de l’œuvre

Isabelle de Gouyon Matignon a commencé sa carrière en proposant des sculptures polygonales et géométriques, réduites le plus souvent à leurs seules structures en arêtes, ce qui peut évoquer les jeux de construction pour enfant. Comme mises à nues, ces sculptures peuvent être, sous le regard de l’observateur, traversées de part en part ; rien n’est plus facile alors que d’en suivre les nervures, d’en saisir les volumes intérieurs, en parfaite continuité avec l’espace extérieur qui les entoure, sauf dans des cas assez rares où une de leurs faces virtuelles étant occupée par une plaque de métal, la vision de l’ensemble en est diminuée.
Se découpant librement dans l’espace, ces polygones ont un caractère très aérien, presque à la limite de l’immatérialité. Ils donnent l’impression de flotter dans l’air, leurs assises esquissant toujours un léger déséquilibre. Le caractère aérien qu’ils possèdent et leur géométrie affirmée entrent en contradiction avec un aspect irrationnel ponctuel qui vient de ce que, toujours constitué de deux parties si imbriquées l’une dans l’autre, que la région de leurs rencontre, au premier coup d’œil, tient un peu du mystère ; et c’est ce mystère, chose curieuse, qui donne à l’œuvre sa réelle profondeur. Cette touche d’irrationalité, entourée d’ombre, pourrait être matière à interrogation, car elle est chez l’artiste comme un principe de construction, auquel jusqu’à présent aucune œuvre n’a pu échapper. Jamais mis en défaut, ce principe semble renvoyer à quelque chose d’indicible que l’artiste cherche à faire passer dans les œuvres, mais sans y parvenir totalement. On peut penser, qu’ici doit jouer une symbolique très subtile, relevant d’une forme de pudeur.
Plus simple, mais d’une grande pureté de ligne et d’un fini parfait, d’autres sculptures réalisées, peu après, avec des tubes d’acier de section carrée, coudés à angle droit ou obtus évoquent vaguement une écriture arabe avec ses formes contournées, labyrinthiques. Signes bizarres possédant un côté flamboyant et figés dans des positions improbables. L’assise de ces sculptures est toujours marquée par un léger déséquilibre, qui doit être un autre principe de construction chez l’artiste. Quelles soient peintes en blanc ou en rouge, rien ici ne signale dans les œuvres le point de jonction entre les deux parties qui pourtant continuent d’exister. Il a disparu, autant masqué par la profusion d’angles droits que par la complexité baroque de leurs parcours dans les œuvres.
Découvrant récemment les ressources de l’inox, Isabelle de Gouyon Matignon va imprimer à ses œuvres une nouvelle direction. Elle y voit la possibilité de faire presque disparaître l’œuvre dans la multiplicité des reflets dont elle est le théâtre. Pour atteindre ce résultat, il lui faut se faire aider par des artisans qui auront pour tâche de polir les œuvres jusqu’à transformer leurs surfaces en véritables miroirs. Ici commence, si nous avons bien compris l’artiste, une démarche foncièrement originale, car les fantasmagories vont envahir l’œuvre qui va se fragmenter pour répondre par réflexion aux objets ou aux paysages qui se trouvent dans le monde qui l’environne. C’est l’objet même qui perd son identité et devient dans l’œuvre traces colorées, évanescentes, purs fantômes, image d’une sensation primitive, et où tous les jeux que permet la lumière vont devenir possibles. L’imagination aidant, l’œuvre va se travestir en prenant tous les charmes de la fausse apparence. Elle pourra, selon la place qu’elle occupera dans l’espace, soit donner naissance aux effets adoucis et fondus d’un début de crépuscule enflammé par les dernières lueurs rougeoyantes d’un couchant ; soit placé en un autre lieu, elle donnera peut-être à voir les reflets du soleil noir de la mélancolie ; ailleurs, encore, ce pourra être le miroitement fugace de reflets qui s’irisent de mauve et de gris perle ; ou bien les mirages d’une intemporalité qui donne le vertige ; et, encore plus loin, on pourra deviner le lustre éblouissant des soies et de la moire, ou, pourquoi pas, une simple illumination magique. Dans ces miroirs légèrement déformés par le travail de l’artisan, Narcisse ne pourrait ni se reconnaître, ni s’admirer. Il dirait peut-être comme Valery : « Adieu, reflet perdu sur l’onde calme et close». Ce chatoiement infini de tons variés a tendance à dissoudre l’œuvre, car ses surfaces polies, aussi liquides que l’eau des miroirs du temps, ne sont plus en mesure de capter autre chose que des couleurs qui semblent glisser amoureusement sur les parois de l’œuvre en rapport avec les déplacements d’un observateur. En prenant les couleurs des objets ou du milieu où elle se trouve, l’œuvre ressemble à une monade dans laquelle pourrait se refléter tous les univers possibles. C’est, ici, la belle convergence du multiple dans l’Un. Mais l’oeuvre continue de s’exprimer, dans une abondance d’images qui, certes, ne lui appartiennent plus, et qu’elle ne fait plus qu’accueillir. Protéiforme, elle prend ainsi le statut d’une illusion, a mi-chemin entre une matérialité devenue problématique et une idéalité pure, le statut d’un être hybride et instable, très proche d’un simulacre, mais dans les limites d’une existence strictement physique qui, selon l’œuvre considérée, pourra proposer des effets visuels très différents. Reste qu’il y a dans ces œuvres un point qui est inaccessible à l’image : C’est la jonction entre ses deux parties. Ici, le mystère demeurera entier.

Fernand Fournier, Paris, Novembre 2013
Née à Mont de Marsan en 1964
Vit et travaille à Paris
Membre du groupe Art Construit International (ACI) depuis 2009
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2001-2005
Atelier Sculpture et Fonderie de la Ville de Paris
2006-2015
Expositions Collectives :
France, Brésil, Venezuela, USA, Equateur, Italie, Chine
2007-2010
Salon Comparaisons Grand Palais, Paris
2007-2015
Salon des Réalités Nouvelles, Paris
2016
Exposition personnelle, Galerie Lahumière, Paris
Collections Publiques:
Muséum of Geometric and Madi Art, Dallas, USA
Museo Mac Dragao Do Mar, Fortaleza, Brésil
Collections Privées:
Plusieurs Collections Particulières, Paris
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Isabelle de Gouyon Matignon réalise des structures géométriques abstraites. Elle
travaille essentiellement le métal. Elle privilégie le grand format.
« Ma recherche se fonde en géométrie. Je travaille sur les notions de vide et de
plein. Je travaille également sur les notions d’équilibre et de déséquilibre dans
l’espace. »