ZIVY Jacques

Sculpture
Né(e) en :1928-2017
Nationalité :France
Contact: Anouk ZIVY
18, rue Beccaria
75012 Paris
GSM : 06 74 67 21 77
anouk.zivy@gmail.com

Sans titre - 2012 - Taille directe sur pierre d'Euville 61,5x58x29

Texte de Michel Zivy sur la sculpture de Jacques Zivy

Immobiles et silencieuses, les pierres sculptées se dressent, denses et massives. Leur masse, leur plénitude, leur stabilité font partie de l'impression qu'elles vous donnent, même élancées, même en mouvement.
Cette profondeur, cette agitation ou cette immobilité, cette présence, comment nous sont-elles transmises ? Des blocs s'entrechoquent, s'emboîtent et s'empilent. A leur jonction se dessinent arrêtes, creux et reliefs qui vont se perdre dans la matière même de ces blocs, et une unité s'impose.
Ces surfaces compliquées qu'on essaye de saisir en tournant autour, sont aussi le lieu de jeux entre la rugosité de la roche brute et la douceur de la pierre polie. Un jeu qui donne envie de toucher.
Lumière accrochée ou reflétée, dureté et douceur de la pierre, équilibre et déséquilibre des volumes, intelligence et émotion.

Michel Zivy


Les pierres sculptées par Jacques Zivy ne comportent jamais de trous, de perforations ou de quelconques « passages » comme il y en a dans tant d'autres œuvres, de Michel-Ange à Moore ou de Rodin à Giacometti. Non : chez Zivy, du plein et rien que du plein. Pas de jeu entre le plein et le vide. Certes, il y a plis et conséquences des plénitudes. Une « logique du plein » ? Si l'on veut. En réalité, plus qu'une logique, c'est une esthétique.

Qu'est-ce que le plein ? Et d'où vient-il ? Quand on détache du rocher une pierre, elle est généralement d'un seul bloc ; il est rare que des bulles y soient encloses. Mais ce plein du départ n'est qu'une donnée brute, née de phénomènes géologiques, et qui ne se fait pas valoir comme plein. A cette exploration, puis à cette démonstration va se consacrer Zivy. Il entreprend de chercher ce qui peut se passer quand un plein, alors que son grain, sa couleur, sa taille, son poids reculent au second plan, tant à n'exprimer que sa propre plénitude. Il se passe bien des choses que Zivy cherche, puis montre : par exemple, que le plein n'est pas forcément massif, compact. Il peut être ailé, ou aplati, ou rebondi, basculé, éclaté, svelte, oblong, éclaté aussi bien que dodu, aérien aussi bien que pesant. Lorsque Zivy invoque la « force interne » qui donnerait à la pierre ses formes, comme la vie végétale donne à l'arbre son tronc et ses branches, il sait bien que la formation des roches obéit à de tout autres processus. Cette force interne n'existe pas dans la nature. Mais elle agit dans la sculpture. Bref, elle est imaginaire, et à ce titre elle est créatrice, elle développe toute une poésie. Ce qui « sculpte » ici, ce n'est pas le plein c'est l'idée du plein.

L'une des conséquences de ce principe est que l'on peut, que l'on doit faire le tour des œuvres. Le plein est plein de tous les côtés. Il n'est pas adossé, comme le sont peinture et bas-relief, à quelque troisième dimension abolie par convention, même si on tente de l'exprimer. Si une partie du public croit que la sculpture exclut le mouvement réel du corps, il faut le pousser à se déplacer. Zivy a souvent une tactique qui présente une face de l'œuvre qui intrigue et pousse à aller voir ce qui se passe de l'autre côté. On rencontre alors d'étranges symétries ou tel détail d'une face semble rappeler celui d'une autre face, mais sans jamais le reproduire. En variant autour du thème.

On peut tourner autour du Balzac de Rodin, ou de l'Héraclès archer de Bourdelle, mais on ne les voit jamais d'en haut. Même le Moïse de Michel-Ange. Les Zivy, on peut les regarder par en dessus. On peut même parfois regretter qu'il existe un haut et un bas, une pesanteur, donc une face inaccessible, invisible, bien que ces exigences physiques donnent aussi sa signification à toute l'œuvre. S'y ajoutera le problème de la lumière, chaque œuvre pouvant changer d'aspect et d'expression selon la face dont la lumière s'y accrochera.

Tout cela - et bien d'autres choses encore - rend complexe, riche, problématique une œuvre qui semble au départ se donner pour toute simple. Provocation ? En tout cas ironie à montrer des « cailloux » comme s'ils sortaient de quelque latomie mythologique, données absurdes, imprévisibles et improbables. Et puis ces œuvres m'obligent à changer mon regard, à prendre le temps de retrouver le processus mental qui a disposé du volume, du pli de l'arête de l'empilement des rondeurs. Le simple se révèle complexe subtil, pensé et repensé. Le point de départ s'avère aboutissement. La prétendue météorite acquiert se dignité d'œuvre humaine. Un sculpteur est passé par là.

Olivier Revault d'Allonnes
NOTE BIOGRAPHIQUE DE JACQUES ZIVY
septembre 1928 - février 2017




- Né en 1928 à Paris
- 1955-1960 S’initie à la sculpture à l’atelier de Maxime Adam-Tessier
- 1960 et 1961 Salon de la Jeune Sculpture - Musée Rodin - Paris
- 1976 Mythologie de l’Image Contemporaine - Centre Régional d’Art Contemporain de Fontenay en Puisaye
- 1976 à 2016 Participation au Salon des Réalités Nouvelles
- 1978 L’art dans la ville à Billom
- 1979 Hommage à Georges Bataille à Billom
- 1982 Mai à Clamart
- 1996 Exposition personnelle à la Maison Mansard - Paris
- 1997 Salon de Vanves
- 2003 NOV’Art à Villevêque
- 2004 Tournage du film « Bloc, masse et gradine, une sculpture » de Anouk Zivy sur la naissance d’une de ses sculpture
- 2006 à 2008 Regard 18 - Fondation Boris Vian - Pari