Le mot semblait encore, il y a peu, renvoyer à l’histoire et porter une connotation passéiste. Mais les modes passent et la vitalité des artistes s’affranchit des circonstances du moment. “Être un Salon” aujourd’hui, c’est proposer au spectateur une expérience. C’est initier un débat, c’est renseigner. C’est défendre l’expression artistique et parier sur la création et la présence de la réalité des œuvres elles-mêmes. C’est choisir une relation particulière au public.
Sans curator ni commissaire, organisée par les artistes eux-mêmes, l’exposition devient à son tour un objet d’échanges. De ce fait, le “Salon” s’inscrit dans une histoire contemporaine de l’art et assume la forme de monstration qu’il utilise, et dont il revendique la liberté de ton.
Ce qui compte pour une manifestation qui montre des œuvres d’art, c’est d’être vu. Le salon des Réalités Nouvelles est vu et il est bel et bien visible. Le niveau de fréquentation en hausse constante, conforte notre association d’artistes qui existe pour ceux-là mêmes qui y exposent, et pour le large public qui montre, année après année, son intérêt pour cette forme particulière d’exposition.
Les Réalités Nouvelles sont liées à l’histoire de la modernité, aux utopies des avant-gardes et aux positionnements de rupture, mais ces propos-là n’ont plus le même écho ni la même pertinence ; si ce n’est, que personne, ni artiste, ni critique, ne peut faire “abstraction” de cette histoire et que notre association la contient, ce que Guy Lanoë nommait la “permanence de l’abstraction”.
La polarisation des oppositions figuration/abstraction n’est plus, pour beaucoup d’artistes, le moteur de leur production. Est-ce encore possible ? Les abstractions, dans les formes qu’elles revêtent sont multiples et redéfinissent des territoires plastiques aux frontières poreuses et aux limites effrangées qui sont, en fin de compte, garantes d’ouverture et de liberté. L’objectif, pour nous artistes, n’est pas tant de dire l’actualité de l’abstraction que de questionner le regard que nous portons, sur les formes que peuvent revêtir les créations abstraites contemporaines. Se questionner sur l’abstraction, serait-ce s’interroger sur l’art ou sur la pratique de l’art ? Il est important pour un artiste de proposer son travail au regard des autres, mais chaque fois qu’il montre son travail il fait évoluer son propre regard.
Cette année le Comité a choisi d’inviter, une vingtaine de jeunes artistes étudiants en Écoles d’art, la plupart à l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris, non pas pour opposer mais bien pour singulariser les différences entre les abstractions “historiques” et celles qui s’inventent actuellement.
Et, puisqu’il ne s’agit pas seulement de montrer mais aussi de dire et de débattre, le comité organise le samedi 19 avril 2008, avant dernier jour du salon, un débat ouvert dont l’intitulé est “L’abstraction aujourd’hui ? Singularité(s) des Réalités Nouvelles”. Ce débat sera, nous le souhaitons, un moment où les artistes exposants et les invités : historiens, critiques, journalistes, s’exprimeront sans retenues sur leur démarche et aussi sur la façon dont ils conçoivent le regard que l’on doit porter, pour chacun d’entre eux, sur une œuvre “produite abstraitement”.
Avant le vernissage, un jury de critiques d’art décernera le Prix Arearevue)s( ainsi que le Prix Lacritique.org. Un texte sera produit pour chacun des artistes primés et respectivement publié dans le prochain numéro du trimestriel d’art contemporain Arearevue)s( et sur le site www.lacritique.org. Et comme chaque année, un peintre sera récompensé par le Prix Philippe Marin.
Je tiens à remercier la Délégation aux Arts Plastiques pour son aide précieuse et vitale qui nous permet de poursuivre notre action de promotion de l’art vivant. Mais je dois aussi dire notre inquiétude quand les subventions diminuent alors que les coûts de fonctionnement augmentent. Nos soutiens généreux, comme celui de l’ADAGP, nous permettent encore de faire face, qu’ils en soient remerciés.
Je ne voudrais pas terminer, sans saluer le travail accompli par Michel Gemignani ces trois dernières années à la présidence du Salon et de la Fédération des Associations d’Artistes Plasticiens, qui par son engagement, a su démontrer, dans une époque difficile pour les artistes en France, l’évidence et la nécessité d’une telle manifestation.
Olivier Di Pizio
Mars 2008 |
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Réalités Nouvelles 2007
Réalités Nouvelles est le salon de toutes les abstractions, dans tous ses courants et ses marges. Animé par des artistes depuis sa création en 1946, ce salon historique redéfinit la façon de montrer une oeuvre, puisqu'il n'est pas le lieu de l'atelier, ni celui de la galerie ou du musée. C'est un lieu de découverte, un intermédiaire nécessaire pour les artistes, qui permet un autre rapport à l'oeuvre, un autre temps pour la critique ou le marché de l'art, et se légitime ainsi en tenant une place essentielle dans le paysage artistique français.
Seul salon entièrement dédié à l'Abstraction en Europe, les Réalités Nouvelles proposent de découvrir les oeuvres de 400 artistes abstraits, autour d'une quinzaine d'invités européens de notoriété évidente dans leur pays, mais dont les oeuvres ne sont pas toujours présentes sur les cimaises françaises comme :
Per Abramsen (Pays-Bas) / Natalino Andolfatto (Italie) / Karl-Heinz Bogner (Allemagne) / Xavier Escribà (Espagne) / John Hoyland (Grande-Bretagne) / Per Kirkeby (Danemark) / Eva Langaas (Norvège) / Ger Lataster (Pays-Bas) / Costa Lefkochir (Grèce) / Bengt Lindström (Suède) / Graziano Marini (Italie) / Martin Müller-Reinhart (Suisse) / Reinhoud (Belgique) / Albert Rubens (Belgique) / János Saxon-Szász (Hongrie) / Andy Stewart (Grande-Bretagne) / Jean Zuber (Suisse)
Parc Floral de Paris
Esplanade du Château de Vincennes
Route de la Pyramide 75012 Paris
Accès
"Entrée Château" : esplanade du Château de Vincennes
"Entrée Nymphéas" : route de la Pyramide
Métro ligne 1 : Château de Vincennes.
RER A : Vincennes.
En bus : lignes 46 ou 112, arrêt Nymphéas ou Château de Vincennes.
En voiture : à 5 mn du périphérique, sorties Porte de Vincennes, Porte Dorée,
Porte de Charenton. A 5 mn de l'autoroute A4 sortie Joinville puis route de la Pyramide.
Parking de 800 places (gratuit).
Olivier Gaulon Relations Presse
25 rue Béranger 75003 Paris - 06 18 40 58 61
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